La Justice espagnole a lancé 40 mandats d'arrêt internationaux contre
des militaires proches du régime de Paul Kagamé, dont certains étaient
déjà mis en cause par le juge Bruguière.
L'Audience nationale, principale instance pénale espagnole, a lancé 40
mandats d'arrêt internationaux contre quarante militaires rwandais dont
cinq faisaient déjà l'objet de poursuites lancées par le juge Bruguière.
Motif : leurs responsabilités dans les crimes de génocide, crime contre
l'humanité, crimes de guerre et terrorisme, parmi d'autres, commis au
Rwanda et en République du Congo (ex-Zaïre) entre 1990 et 2002.
Paul Kagame, le chef de l'Etat rwandais, est lui aussi, mis en cause,
mais ne peut être poursuivi en raison de son immunité de chef d'Etat en
activité. Les quelques deux cents pages de l'ordonnance sont accablantes
pour le FPR et Paul Kagamé qui auraient déployé «tout un éventail
d'activités criminelles».Ils «ont pris le pouvoir par la force, prenant
le contrôle absolu de la structure d'Etat et mettant en place à partir
de ce moment-là un authentique régime de terreur ». La justice espagnole
reproche notamment aux 40 militaires des faits postérieurs au génocide.
Les militaires, dont quelques-uns font partie de l'entourage immédiat de
Paul Kagamé, sont poursuivis pour avoir «commis des crimes contre la
population civile, nationale et étrangère, sélectionnés pour des raisons
ethniques et-ou politique (...) sous prétexte d'assurer la sécurité».
Kouchner pris à revers
La justice espagnole avait ouvert une enquête en 2005 sur la mort de 9
ressortissants espagnols assassinés au Rwanda entre 1994 et 2000, à la
suite d'une plainte du Forum international pour la vérité et la justice
dans l'Afrique des Grands Lacs, présidé par Juan Carrero. Cette plainte
était soutenue par Adolfo-Maria Pérez Esquivel, Prix Nobel de la paix en
1980, Cynthia Ann McKinney, ancienne députée des Etats-Unis et de
nombreuses associations et ONG.
Le texte de l'ordonnance de la justice espagnole retrace l'histoire du
Rwanda depuis le début de l'agression des rebelles du FPR aidés par
l'Ouganda, en octobre 1990. Il décrit les crimes de masse commis dans
les zones conquises par l'APR (Armée Patriotique Rwandaise). Le do***ent
accrédite l'ordonnance du juge Bruguière qui attribue à Paul Kagamé et
au FPR l'attentat contre l'avion du président Habyarimana, attentat qui
a précédé le déclenchement du génocide. Rappelons que le Ministre des
Affaires étrangères, Bernard Kouchner conteste l'enquête du juge
Bruguière. Comme Marianne2 l'avait annoncé, Il vient de se rendre au
Rwanda et œuvre ouvertement pour la normalisation des relations entre
les états français et rwandais et une forme de repentance française, ce
qui a provoqué de vives réactions d'Alain Juppé et d'Edouard Balladur,
ministres au moment de l'opération Turquoise.


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