Alors que l’on continue de nous programmer un grand cirque médiatique
quotidien autour de la « Franco-Colombienne » Ingrid Betancourt, c’est
dans l’indifférence générale (et pire puisque la France a participé à
l’invasion de l‘île rebelle…) qu’Anjouan s’enfonce chaque jour un peu
plus dans l’horreur islamiste.
Il n’aura pas fallu longtemps pour que les « libérateurs »
grands-comoriens se livrent à une épuration féroce et sanglante. Dans Le
Journal de la Réunion, Christian Chardon écrit : « Les libérateurs, les
défenseurs de la démocratie, la clique chiite organisée autour de
l’Iran, la Libye, le Soudan, etc., montre désormais son vrai visage.
Anjouan est l’objet d’une épuration sans précédent. La vague
d’arrestation diligentée par les troupes qui ont débarqué sur Anjouan
s’amplifie de jour en jour. Hier, soixante arrestations. Aujourd’hui,
plus de mille. Compte tenu du nombre d’habitants, c’est comme si, en
métropole, on avait mis deux cent mille personnes dans les geôles. »
Premiers visés, les anciens dignitaires de l‘époque Bacar. Ceux qui
n’ont pu échapper aux « libérateurs » ont été dé****tés à Moroni. Mis au
secret, on ne sait rien du sort qui leur a été réservé. Parmi eux, Abdou
Madi et Ahmed Sourette, ancien président du Conseil constitutionnel.
Ex-ministre de l’Intérieur de Mohamed Bacar, Saline Jaffar a eu droit,
lui, à un traitement particulier. Totalement dé****é, il a été exposé,
entravé, sur une place de Ouali et tabassé, jusqu‘à ce qu’il perde
conscience, par des dizaines de soldats. Jeté en prison, il subit des
sévices quotidiens et sa vie est en danger. La torture est de règle : un
commerçant a eu la plante des pieds découpée au couteau ; d’autres ont
eu les dents et la mâchoire fracassées à coups de crosse ; d’autres ont
été battus à mort.
« Pillages et saccages ont aussi été très nombreux, écrit Christian
Chardon. Les maisons de Bacar et de ses collaborateurs ont été les
premières visées. Mais, peu à peu, la fièvre a gagné et de simples
Anjouanais ont vu leurs domiciles vidés par des excités sous les yeux
d’intégristes étrangers, les nouveaux chefs qui paradent dans les rues. »
Dans Anjouan, où règne désormais la charia, la loi islamique, un nouveau
slogan est de rigueur (1) : « Il faut libérer Mayotte. » Citons encore
Christian Chardon à ce propos :
— Pour faire monter la pression, l’Union des Comores a décidé de refuser
d’accueillir les clandestins de Mayotte. Le rapatriement des clandestins
en provenance de l‘île française voisine de Mayotte est désormais «
strictement interdit à toute agence de voyage, maritime ou aérienne,
nationale ou étrangère ». Et ce, jusqu‘à nouvel ordre, a précisé le
secrétaire général de la vice-présidence de l’Union des Comores, chargé
du ministère des Trans****ts, Abdillah Mouigni. « Tout contrevenant
s’expose à des sanctions, notamment le refoulement de ses passagers vers
leur lieu d’embarquement », avertit M. Mouigni. Officiellement, l’Union
des Comores redoute des mouvements suspects entre Anjouan et Mayotte,
l’arrivée de gens qu’on ferait passer pour des clandestins alors qu’ils
viendraient, en réalité, déstabiliser l‘île. Cette mesure serait le
premier étage destiné à mobiliser la population autour du projet de «
libération de Mayotte », l’Eldorado de la région, mais aussi le vilain
petit canard des intégristes religieux qui attirait de nombreux
Anjouanais qui regrettaient que leur île ne soit pas française. Mayotte
avait décidé de rester française alors que le reste des Comores devenait
indépendant en 1975. L’Union des Comores, après avoir maté le
sécessionniste, voudrait maintenant corriger l’indépendantiste. Les «
libérateurs » se sentent pousser des ailes.
Voilà la France, complice de l’invasion islamiste d’Anjouan, prévenue.
Pour l’heure, Mohamed Bacar, dont l’un des beaux-frères, tabassé, est
entre la vie et la mort, dont les frères et les sœurs, pourchassés, se
cachent dans le maquis anjouanais, a évité le pire : être remis – comme
cela fut un moment envisagé ! – à ses ennemis. Assigné à résidence à la
Réunion, il ne sera pas renvoyé aux Comores. Et il a demandé l’asile
politique à la France.


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