Plus de 60 des derniers fermiers blancs du Zimbabwe ont été chassés de
leurs terres depuis le week-end, tandis que la tension monte dans
l’attente des résultats de la présidentielle du 29 mars.
« Nous avons plus de 60 fermiers qui ont été évincés par des militants
du parti du président Robert Mugabe, indique Trevor Gifford, président
du Syndicat des exploitants agricoles. Toute personne considérée comme
opposée au parti au pouvoir est visée. C’est vraiment triste. » Pour la
première fois, un fermier noir a aussi été chassé.
Le quotidien d’Etat The Herald affirme dans son édition de mardi que «
la police a donné l’ordre aux anciens combattants [de la guerre
d’indépendance des années 1970] d‘évacuer les fermes qu’ils ont envahies
ces trois derniers jours dans la province de Masvingo (sud-est) ». La
police a toutefois « conseillé aux fermiers blancs qui ont perdu leurs
terres lors de la réforme agraire de respecter la loi », ajoute le
journal qui fait état de « hordes d’anciens fermiers blancs s’infiltrant
au Zimbabwe et menaçant de reprendre leurs fermes (...) dans
l‘éventualité d’une accession au pouvoir du MDC (Mouvement pour le
changement démocratique, opposition) ».
Les invasions de fermes ont débuté quelques heures après que le chef du
MDC, Morgan Tsvangirai, eut revendiqué la victoire à la présidentielle.
Le lendemain, le tyran Robert Mugabe, 84 ans (dont 28 au pouvoir),
brandissait la menace usée d’une recolonisation des terres : « La terre
doit rester entre nos mains. Cette terre est la nôtre, elle ne doit pas
revenir aux Blancs ! »
La réforme agraire de 2000, qui s’est soldée par le départ de quelque 4
000 des 4 500 fermiers blancs, a, selon des économistes, précipité la
chute de la production agricole de l’ancien grenier à grains de
l’Afrique australe aujourd’hui en plein marasme économique, avec une
inflation annuelle à plus de 100 000%.


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