Samedi dernier, on pouvait lire sur le blog de l’écrivain « antiraciste
» et « anticolonialiste » Claude Ribbe, auteur des « Nègres de la
République », le texte d’une lettre ouverte qui était aussi une pétition
adressée au président de la République. Elle disait ceci :
« Césaire est mort. Mais son œuvre est indestructible. Voici tantôt deux
ans, Monsieur le Président de la République, vous avez tenu à rencontrer
Aimé Césaire et il vous a offert, je crois, son Discours sur le
colonialisme. (...) Vous aurez bientôt à célébrer une date importante,
celle de l’abolition de l’esclavage et je ne doute pas un instant que
cela vous préoccupe, vous qui avez refusé la "repentance. On dit que
vous assisterez à la commémoration du 10 mai 2008. On dit aussi qu’elle
pourrait se réduire à une singerie accommodée par des gens qui n’ont ni
compétence, ni légitimité pour parler de l’esclavage et de ceux qui en
sont issus. Alors plutôt que d’enterrer la loi du 10 mai 2001 par un
ridicule spectacle de patronage, indigne de votre présence et qui
irriterait l’Outre-mer, vous pourriez ce jour là honorer les descendants
d’esclaves en accompagnant au Panthéon l’un des plus grands d’entre eux,
l’auteur du Discours sur le colonialisme et de Toussaint Louverture. Ce
serait pour vous l’occasion de rappeler au monde entier que la France,
pays des droits de l’homme, n’a peur ni de son histoire ni de ses
auteurs réputés dérangeants et peut se retrouver sans crainte au sein
d’une mémoire partagée. J’ose solliciter de votre haute bienveillance,
Monsieur le Président de la République, un décret pour que la dépouille
d’Aimé Césaire, après des funérailles nationales exceptionnelles, soit
transférée au Panthéon le samedi 10 mai 2008. »
Aimé Césaire, 94 ans, a été hospitalisé le soir du 9 avril dans un état
préoccupant. Mais samedi, s’il était toujours en soins intensifs, il
n’était pas mort. Et ce lundi matin, son état est stationnaire. Il est
particulièrement odieux de parler de la « dépouille » de l’écrivain qui
n’est pas mort, et de se servir de sa notoriété, pour mener une petite
opération de propagande médiatique « anticolonialiste ».
Claude Ribbe a tout de même supprimé ce texte de son blog. Mais il
figure toujours sur le site ipétitions, où il a été corrigé d’une façon
tellement maladroite qu’elle ne fait qu’en accentuer le caractère
odieux. Au lieu de « Césaire est mort », il commence par « Césaire est à
l’agonie ». La dernière phrase a été supprimée, et après la demande de
panthéonisation est ajouté : (si il venait à mourir d'ici là). Sic.


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