La justice (sic) zimbabwéenne a refusé d’ordonner la publication
immédiate des résultats de l‘élection présidentielle du 29 mars.
L’opposition a immédiatement réitéré son appel à la grève générale
jusqu‘à ce que les résultats de la présidentielle soient publiés.
« Nous appelons la population à protester contre la ZEC (Commission
électorale du Zimbabwe) qui n’a pas annoncé les résultats », déclare
Thokhozani Khupe, vice-présidente du Mouvement pour le changement
démocratique (MDC), principal parti d’opposition. Le parti de Mougabé a
salué la décision du tribunal. « Nous savions dès le départ que le
recours du MDC n‘était pas fondé. Comment obliger la commission
électorale à publier des résultats quand ils ne sont pas prêts ? »,
déclare sans rire Patrick Chinamasa, porte-parole de l’Union nationale
africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF, au pouvoir).
La décision du juge Uchena constitue un revers pour l’opposition, qui
espérait, en jouant la carte judiciaire, faire reconnaître la victoire
de son leader Morgan Tsvangirai, 56 ans, au premier tour de scrutin. Le
MDC avait saisi le tribunal six jours après les élections. Lors des
audiences la semaine dernière, ses avocats avaient argué que la
commission électorale « connaissait » les résultats, et estimé qu’«
aucune raison » ne motivait un délai de publication aussi long.
Le MDC, qui a appelé lundi la Communauté de développement d’Afrique
australe (SADC) à envoyer des observateurs pour évaluer la situation
dans le pays, dispose désormais de peu d’options. Sa tentative de
mobiliser les leaders régionaux en sa faveur n’a pas porté ses fruits.
Les dirigeants d’Afrique australe ont certes écouté les arguments de
Tsvangirai lors d’un sommet extraordinaire samedi à Lusaka. Mais ils se
sont contentés d’appeler à la publication au plus tôt des résultats de
la présidentielle. Au plan intérieur, les précédents appels à la grève
ont été jusqu‘à présent peu suivis, les rares Zimbabwéens ayant encore
un travail ne pouvant renoncer à leur salaire dans un pays ruiné, où
l’inflation est hors de contrôle à plus de 100 000% sur l’année.
En outre, la décision du MDC de boycotter un éventuel second tour,
réclamé par le parti au pouvoir, conduira automatiquement, selon les
juristes, à la réélection de Mougabé, 84 ans, au pouvoir depuis
l’indépendance de l’ex Rhodésie du sud britannique en 1980. Et la
situation au Zimbabwe s’est enlisée davantage ce week-end, avec la
remise en cause des résultats des législatives, jusqu’ici officiellement
remportées par le MDC.


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