Quatre cents Anjouanais, parfois plus, entrent quotidiennement à
Mayotte, où le centre de rétention est fermé, les Comores refusant de
reprendre leurs ressortissants, révèle le président du conseil général
de la collectivité départementale, Ahamed Attoumani Douchina. A raison
de 400 par jour depuis le 27 mars, jour de l’invasion d’Anjouan, avec la
complicité des autorités françaises, ce sont 12 000 Anjouanais qui sont
entrés à Mayotte, où ils se trouvent en situation irrégulière.
Douchina, venu à Paris pour la départementalisation prochaine de la
collectivité, explique :
— Les Mahorais n’en peuvent plus ! Il y a aujourd’hui plus de
clandestins à Mayotte que de gens en situation régulière.
Officiellement, il y a un tiers de clandestins, mais c’est faux, c’est
plutôt la moitié.
Et il rappelle que Mayotte compte entre 220 000 et 240 000 habitants et
non pas 186 452, comme l’indique le recensement de l’INSEE de 2007.
Chaque jour, une dizaine d’embarcations kwassa kwassa conduites pas des
passeurs rémunérés entre 300 et 400 euros par passager, amènent à
Mayotte une quarantaine d’Anjouanais, attirés par les conditions de vie
les meilleure de l’archipel.
Ils entrent à Mayotte au vu et au su de tout le monde, et en plein jour
à présent, avant de se répartir dans les deux îles.
Les bateaux sont détruits par la préfecture mais d’autres sont aussitôt
construits à Anjouan. Ils sont pilotés par des majeurs jusqu‘à proximité
de Mayotte puis par des mineurs, qui ne risquent pas la prison. Le
directeur général des services du conseil général André Dorso a insisté
sur l’« inquiétude partagée des métropolitains, les M’Zungu, et des
Mahorais », soulignant que beaucoup de Mahorais ont protégé le 27 mars
les métropolitains des manifestants anjouanais lancés dans une chasse
aux Blancs.
Mayotte réclame un référendum pour devenir un département. Le président
du conseil général de Mayotte, Ahamed Attoumani Douchina (UMP), a
demandé à Michèle Alliot-Marie d’organiser avant la fin de 2008 un
référendum local pour transformer cette collectivité en département. Il
a fait la même demande à l’Elysée, où il a conduit une délégation d‘élus
mahorais.


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