Salu-tutti,
PARADIS FISCAUX EN TERRITOIRE EUROPÉEN
Bas de laine et dépôts anonymes
Supposer que l'Union européenne peut et veut lutter contre les paradis
fiscaux serait une grave erreur d'appréciation. Car à tout le moins, une
niaiserie extrême. Les paradis fiscaux sont à l'Europe ce que le pétrole
est
à l'Arabie Saoudite, le tourisme à l'Egypte ou le cuivre au Chili.
Nombreux,
bien implantés sur tout le territoire européen, protégés et, depuis leur
création, intouchables, les paradis fiscaux servent beaucoup d'intérêts.
D'Etat
ou privés. Andorre, Monaco, Luxembourg, Liechtensein, Suisse, les
coffre-forts où le secret bancaire est la prunelle des yeux, le dépôt
anonyme une religion ont, il faut en être convaincu, de beaux jours devant
eux. La mondialisation effrénée actuelle et le règne, impitoyable et sans
concurrent, du capitalisme financier, devraient même leur permettre un
second souffle. Il est vrai, cependant, que des Etats, sérieux, forts et
lourds de l'espace européen, tentant désespérément de leur tordre le cou,
mais cela n'a servi à rien et il en sera toujours ainsi. Néanmoins, la
Commission européenne, l'exécutif des 27 pays de l'U.E, ébranlée par le
scandale du Liechtensein avec dépôts massifs d'argent d'hommes d'affaires
du
secteur public et privé allemands, en flagrante contradiction avec les
lois
fiscales du pays, a tenté, hier de moraliser un tant soi peu les pratiques
dans les paradis fiscaux. Mais, aucun compromis n'a pu être dégagé,
plusieurs Etats membres ayant refusé de s'embarquer dans la galère. Parmi
les farouches opposants, des places financières avérées nous avons le
Luxembourg mais aussi d'autres comme la Belgique qui ne veulent, pour rien
au monde sacrifier le secret bancaire, un fondement du système
démocratique.
La chancelière allemande, Angela Merkel, ne pourra pas aller au-delà de «
l'économiquement
correct » dans son bras de fer avec le Liechtensein, principauté autonome,
certes, mais partie intégrante de la République fédérale. L'argent,
là-bas,
ou ailleurs, n'a pas d'odeur. C'est un empereur romain, Européen donc, qui
est l'auteur de la maxime. La commission Barroso est restée dans les pas
de
Vespacien.
DE NOTRE CORRESPONDANT
À BRUXELLES KADER VACOUR
http://www.lecourrier-dalgerie.com/papiers/la24.html#4


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