Harcèlement des correspondants de presse espagnols au Maroc
Les journalistes espagnols accrédités au Maroc ont dénoncé, avant-hier, le
«harcèlement systématique» et la « pression» dont ils sont victimes de la
part du gouvernement m»rocain, particulièrement sur "tout ce qui concerne
la
couverture du conflit du Sahara occidental».
Dans un communiqué qu'ils ont qualifié de «dernier cri de désespoir devant
une situation que nous considérons insup****table», onze correspondants
permanents représentant la presse écrite et filmée espagnole u Maroc ont
dénoncé publiquement les «menaces, pressions et chantages auxquels ils
sont
soumis depuis près de six mois de la part du Maroc».
«Par une mesure gravissime et sans précédent envers notre pays, le
gouvernement marocain a retiré son accréditation de correspondante à la
journaliste de la radio Cadena Cope, Beatriz Mesa», dénoncent encore les
signataires du communiqué. «C'est ce conflit qui est mis précisément en
avant par le ministère marocain de la communication pour mettre fin à deux
décennies de présence de la radio espagnole au Maroc», précisent-ils.
La décision de retirer l'accréditation à cette journaliste a été prise en
raison de sa participation à une conférence-débat, organisée par une
association d'amis du peuple sahraoui, le 14 février dernier à Palma de
Majorque (Baleares-Espagne), et que le Maroc considère «incompatible avec
sa
présence à Rabat comme correspondnte». Cette rencontre avait dénoncé la
«censure qui frappe les journalistes espagnols spécialisés dans la
question
du Sahara occidental et le black-out, dans les médias espagnols, imposé
aux
informations se rap****tant à ce conflit». La correspondante du quotidien
catalan La Vanguardia et de la radio Cadena SER au Maroc, Carla Fibla qui
a
participé également à cette rencontre n'est pas parvenue depuis à faire
renouveler sa carte d'accréditation qui se trouve
dans un «labyrinthe administrative», ajoutent-ils. «Nous sommes menacés
par
l'arbitraire du gouvernement local et nous nous sentons désespérés»,
affirment-ils par ailleurs. Parallèlement au communiqué, les médias
espagnols qui ont rap****té largement cette information, ont révélé que le
groupe de correspondants au Maroc avaient adressé par l'intermédiaire de
leurs organes, des lettres similaires à la vice-présidente du
gouvernement,
Maria Teresa Fernandez de la Vega, au ministre des Affaires étrangères,
Miguel Angel Moratinos et au secrétaire d'Etat chargé de la Communication,
Fernando Moraleda. Dans leurs lettres, les journalistes donnaient plus de
détails sur ce qu'ils
décrivaient comme une "dangereuse dégradation" de leur situation depuis le
mois de janvier dernier. A titre d'exemple, ils avaient informé que les
télévisions TVE, TV-3 et Canal Sur-TV avaient été privées du permis
qu'elles
avaient, depuis 2004, pour transmettre directement en
Espagne via le satellite. Ils ont fait état également qu'après participé à
un re****tage sur le Sahara occidental, le correspondant de TV-3, Medir
Plandolit, a été victime, début janvier, d'un vol dans son domicile.
«Les
mystérieux voleurs ont pris des ordinateurs et de l'information écrite sur
le re****tage, mais sans prendre l'argent ou des objets de valeurs»,
précisent-ils. Après avoir pris connaissance du communiqué des
correspondants espagnols au Maroc, Mme. Fernandez de la Vega avait appelé
M. Moratinos à l'effet d'engager les démarches nécessaires auprès des
autorités marocaines pour tenter de régler ce problème, selon les médias
espagnols.
R. I.
http://www.lanouvellerepublique.com/actualite/lire.php?ida=62180&idc=13&date_insert=20080329


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