Salu-tutti,
Chers amis, chers compagnons, chers camarades
Très heureux de vous retrouver et de vous saluer affectueusement. J'ai le
plaisir et le privilège de vous adresser mes félicitations, et à travers
vous et Karim Tabou, aux militants aux sympathisants à toutes et tous les
compatriotes qui se sont mobilisés avec dévouement et sagesse dans ce que
vous savez n'être une énième piètre compétition tragico-garagouzienne Men
QELLA Wa Della.
Je vous ferais donc l'économie de verser dans l'évaluation que vous venez
de
faire sur la stratégie combinée par le DRS, le ministère de l'intérieur et
par de multiples officines de corruption politico-financière à tous les
niveaux, locaux, régionaux et nationaux. La constance fondamentale du
dépérissement progressif et total du suffrage universel n'a fait que
suivre
le déni brutal du droit à l'autodétermination qui était la raison d'être
de
l'Etat algérien.
Nul doute que vous avez évoqué le parti pris de l'administration. La
sortie
manu militari des listes communes du FFS et de ses partenaires. La volonté
de limiter géographiquement l'implantation du FFS. L'impossibilité de
contrôler le processus et le fichier électoral. La réactivation et la mise
en action des relais maffieux du pouvoir. Les entrepreneurs affairistes,
les
organisations archaïques telles que les zaouias et autres associations
religieuses, les archaïsmes locaux (village, tribu), l'état d'urgence, les
pressions sur les partis politiques, la fermeture des espaces
d'expression,
l'action psychologique permanente et les pressions sociales sur la
population, le maintien d'un seuil indispensable de violence notamment en
Kabylie et du terrorisme résiduel destiné à étouffer les espaces
d'expression
et de libre organisation.
Il s'agit aujourd'hui de tirer les leçons politiques et organisationnelles
de cet épisode tragique.
Nos missions sont prioritaires sur nos ambitions.
Sachons garder lucidité en ces moments d'extrêmes confusions.
Nous avons été punis par le pouvoir en place pour avoir osé être
nous-mêmes,
pour avoir osé être fidèles à nous-mêmes, à nos engagements et à nos
idéaux.
Notre différence ne saurait rester impunie pour les tenants de l'idéologie
conformiste et archaïque du système totalitaire.
L'impact de notre Congrès, la déclaration commune que nous avons faite
avec
nos partenaires au lieu d'être accueillis comme autant de chances de paix,
de démocratisation et de stabilité sociale ont été considérés comme des
menaces et un danger pour les tenants de statu quo crypto-stalinien, de la
régression et de la gestion brutale.
Force est de constater que le suffrage universel n'est pas encore sorti de
la préhistoire coloniale et du Stalinisme allègre.
Sachons dire et nous dire la vérité.
- Dire : la réorganisation organique du parti sur des bases démocratiques
et
électives saines, la recherche d'efficacité et de rationalité a dérangé
autour de nous et chez nous, les tenants du théâtre de vaudeville.
Les observateurs «avisés» et «inspirés» n'ont pas manqué de minimiser les
aspects considérables de notre stratégie politique.
Par contre, ils s'acharneront avec une docte science à «Tchernobiliser»
nos
quotas électoraux érigés pour la cause en instruments fiables et
infaillibles.- Sachons vérité nous dire, la priorité accordée à la
réorganisation de l'appareil au détriment du contact avec notre
environnement social, avec notre terreau naturel, nous a valu un
enfermement
mérité.
L'abus de position dominante a fait que certains de nos cadres se sont
plus
comportés en rentiers de gestion ou d'opposition, plutôt qu'en acteurs
sociaux oeuvrant pour le lien et le liant de nos structures avec nos
villages nos quartiers et les forces syndicales et associatives autonomes.
Le FFS a su faire ses preuves dans les épreuves. Il a su amortir les coups
de boutoirs internes et externes, et c'est par miracle que se poursuit
tranquillement son odyssée de résistance à une dictature fou furieuse aux
relents régionalo-ethnicistes qui menacent la cohésion de la nation. Le
FFS
demeure disponible, crédible et opérationnel pour une alternative
démocratique et sociale.
Que faire ?
Si les coups qui nous viennent de l'extérieur ne sont ni de notre fait, ni
de notre volonté, laissons les au crédit peu honorable de leurs auteurs.
Les coups qui nous viennent de l'intérieur de nous même sont à prévoir et
à
gérer sans renoncer à aucune des résolutions de notre Congrès dans
l'esprit,
dans la lettre, dans les actes et dans les comportements.
La priorité est de combattre nos travers, chacune et chacun, toutes et
tous.
Le manque de communication, voire le refus de communication à tous les
échelons du parti et entre tous les échelons du parti. Le volontarisme et
le
manque d'organisation dans les actes de gestion, d'élaboration et surtout
de
mise en application.
Nous devons nous atteler sans colère, avec méthode, clairvoyance et
détermination à continuer la réorganisation du parti pour la légitimation
de
tous nos échelons. Sa modernisation signifie également sa «
défolklorisation ».
Nous devons sans négliger l'instant nous projeter dans l'avenir. Nous
avons
conclu un pacte, un double pacte, dois je le rappeler : la République
Démocratique et Sociale et l'Unité du Maghreb. C'est pour cela que nous
n'avons
pas le temps d'amuser les galeries officielles et périphériques en
s'attardant
sur l'écume des fausses échéances ou en amusant les galeries officielles
et
périphériques qui se pavanent dans les succès factices et éphémères, et
dans
la multiplication des effets d'annonce illusoires.
Un dernier souhait, la composante humaine de tous nos échelons doit
refléter
l'esprit du FFS. Humilité, abnégation, résistance, détermination et une
espérance chaque jour renouvelée.
Nos missions sont prioritaires sur nos ambitions.
Sur le plan interne au parti, nous aurons à :
Mettre en oeuvre les résolutions du 4ème congrès du parti ;
Evaluer en profondeur les conséquences des événements de 2001, et des
dernières tentatives de déstabilisation du parti ;
Continuer le processus d'assainissement politique des structures ;
Fixer un calendrier précis de mise en place de structures consacrant
l'ouverture
politique et organique du parti ;
Mettre fin à la rébellion et autres activités fractionnelles dans le parti
;
Le plus urgent étant, d'évidence, la désignation du Secrétariat National
pour mettre en application ces décisions majeures.
Depuis sa désignation, Karim Tabbou a su remplir des missions importantes.
La remise en ordre du parti et la remobilisation de la base militante en
vue
de forcer l'ouverture politique et mettre fin à la politique des sables
mouvants. J'apprécie toujours sa contribution décisive à la tenue des
échéances internes. Aujourd'hui, j'apprécie également la remise spontanée
et
responsable de son mandat. C'est un acte moral, militant et politique.
C'est
enfin un acte révolutionnaire.
Aussi je le confirme au poste de premier secrétaire pour accomplir les
missions qui nous attendent.
Avec mes salutations les plus profondes, Hocine AIT-AHMED


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