Salu-tutti,
Abdelhamid Mehri : «Je ne sais toujours pas se qui s'est produit.
Abdelmadjid Chikhi et Amine Zaoui m'ont juste confirmé qu'ils avaient reçu
des instructions pour tout arrêter. Mais ils ne m'ont pas donné la source
qui a donné ces instructions».
Sont-ils des laches ces 2 Dr A. Zaoui et A. Chikhi?
Des négationnistes dans le pouvoir algérien
Posté par elmoutarem le 2 mai 2008
Le Dr Amine Zaoui et le Dr Abdelmadjid Chikhi sont deux membres éminents
de
l'intelligentsia algérienne, l'élite des élites. Universitaires au plus
haut
degré, grands commis de l'Etat, écrivains et poètes, ils assument les plus
hautes responsabilités dans la préservation de la mémoire collective de la
Nation. Amine Zaoui est le directeur général de la Bibliothèque Nationale,
Conservateur du patrimoine culturel, gardien des trésors littéraires,
manuscrits, et livres anciens. Abdelmadjid Chikhi est le directeur général
des Archives Nationales, Conservateur de l'Histoire, gardien du temple de
la
mémoire.
Leurs compétences et leurs fonctions les ont hissés au rang de formateurs
des élites. Parfaits bilingues, ils interviennent souvent sur les ondes de
la radio et la télé dans des émissions littéraires et historiques. Ces
deux
érudits ont l'habitude d'organiser des rencontres publiques pour
transmettre
le Savoir aux universitaires et aux jeunes générations. C'est justement ce
qu'ils envisageaient de faire dans un colloque pour commémorer le
cinquantenaire de la conférence de Tanger. avant de se voir signifier un
ordre de l'annuler.
C'est Abdelhamid Mehri, un des rares acteurs vivants de notre glorieuse
Révolution présent à la conférence de Tanger en 1958, qui nous l'apprend
dans sa lettre de protestation adressée au président Bouteflika: «J'ai
participé, depuis deux mois ou plus, avec le frère, directeur général du
Centre national des archives et le Docteur Amine Zaoui, directeur de la
Bibliothèque nationale, à la préparation d'un colloque historique à
caractère scientifique se rapportant au cinquantenaire de la conférence de
Tanger qui a regroupé, en avril 1958, les partis qui ont conduit la
bataille
des indépendances en Tunisie et au Maroc, et le Front de libération
nationale. J'ai été informé hier, 14 avril, que des instructions fermes,
dont je ne connaissais pas la source, ont été signifiées aux deux
institutions afin d'interrompre l'ensemble des dispositions et préparatifs
de ce colloque et à renoncer définitivement à sa tenue», écrit
l'ex-secrétaire
général du FLN dans cette lettre datée du 15 avril.
Abdelhamid Mehri ignore les motifs et l'origine de cette annulation. «Je
ne
sais toujours pas se qui s'est produit. Abdelmadjid Chikhi et Amine Zaoui
m'ont
juste confirmé qu'ils avaient reçu des instructions pour tout arrêter.
Mais
ils ne m'ont pas donné la source qui a donné ces instructions». Il ajoute:
«Je pense, Monsieur le président, que vous imaginez bien l'ampleur de la
surprise, du choc et de l'embarras provoqués par cette décision et la
gravité des interrogations qu'elle suscite. Il n'est guère besoin d'un
surcroît d'explications, vous êtes, par votre passé et par votre position,
suffisamment instruit pour percevoir toutes les dimensions de ces
questions.» On imagine aisément le tollé qu'une telle infamie aurait
provoqué dans des pays qui se respectent.
Mehri, qui n'a pas été «autorisé» à se rendre à Tanger, confirme ainsi
indirectement les pressions qu'a subi le FLN pour boycotter la rencontre.
Des informations ont même été publiées dans ce sens, avant de «préciser»
que
Belkhadem n'allait pas à Tanger en tant que chef du gouvernement. Ce
témoignage de Mehri, ajouté au mauvais traitement médiatique des
retrouvailles de Tanger, prouve que l'Etat algérien est infesté de
négationnistes au plus haut niveau qui veulent interdire le devoir de
mémoire, l'évocation de l'Histoire et donnent des instructions en ce sens
à
des institutions et à la presse qu'ils contrôlent.
Ce nouveau scandale ne doit pas en rester là. Il prouve à ceux qui font
encore semblant de l'ignorer que le sabotage des fondements historiques et
révolutionnaires de l'Etat est très profond. Ceux qui viennent ainsi
piétiner notre mémoire en bafouant la noble mission de Zaoui et Chikhi
sont
les mêmes qui ordonnent aux magistrats de condamner des innocents «au nom
du
peuple». Ce sont eux qui, dans l'ombre qu'ils affectionnent, ordonnent aux
banquiers de délivrer ou bloquer des crédits, ordonnent aux ministres de
délivrer ou bloquer des agréments, etc.. Imbus de leur pouvoir occulte et
dans leur sentiment d'impunité, ils s'imaginent que les hauts serviteurs
de
l'Etat et du peuple ne sont qu'à leur service. et ne se rebellent jamais.
Il ne s'agit même plus d'un combat politique, mais de dignité. On a
empêché
Amine Zaoui et Abdelmadjid Chikhi d'exercer leur métier, l'essence même de
leur raison d'être. A travers eux, c'est toute l'élite algérienne qui
subit
une fois de plus l'humiliation, une grave insulte à son intelligence et à
son honneur. De quel droit des renégats de l'Histoire, tapis dans l'ombre
du
pouvoir, ont-ils osé porter une telle atteinte à la probité
intellectuelle.
Et de quel droit ne doivent-ils pas être dénoncés. Doit-on espérer que les
martyrs ressuscitent de leur tombe pour laver cet affront fait à la
Révolution? Ces négationnistes, traîtres de la Nation, doivent être
montrés
du doigt, lâchés à la vindicte populaire et bannis des fonctions qu'ils
occupent.
Lorsqu'il n'y a plus d'arbitre pour faire respecter les règles, lorsque
l'entourage
devient indifférent et impuissant, lorsqu'on porte atteinte à leur
honneur,
à leur réputation et aux fruits de toute une vie de labeur, il ne reste
qu'une
seule chose à faire à Amine Zaoui et Abdelmadjid Chikhi, ainsi qu'à toutes
les élites. Imiter le plus célèbre des algériens, Zinedine Zidane, qui a
lavé un simple affront verbal d'un coup de boule devant un milliard de
téléspectateurs. Il a préféré défendre son honneur que soulever le trophée
de la Coupe du monde. Son trophée, c'est d'abord sa dignité. Il en est
sorti
encore plus grand et son aura a dépassé les frontières du football.
Cette grave insulte à l'intelligence et à notre glorieuse Révolution
peut-il
enfin être compris comme un dernier signal d'alerte, un appel ultime à la
révolte contre un pouvoir primitif, inculte, anti-révolutionnaire et
anti-populaire qui dicte leur conduite aux intellectuels et aux grands
commis de l'Etat assermentés. Les élites doivent enlever leurs lunettes,
poser les stylos, dédaigner les privilèges, se relever et se battrent.
«Arfaâ rassek ya ba !»
Par Saâd Lounès http://ffs1963.unblog.fr/


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