On Mon, 05 May 2008 14:02:47 GMT, "Fethi&Di" <fethi.di@[EMAIL PROTECTED]
>
wrote:
>
>
>Les 17 octobre 1961, lors d'une manifestation non-violente
si vous le dites.
mais z'ont cogné les flics, non?
> contre le
>couvre-feu qui leur était imposé, des dizaines d'Algériens étaient
>assassinés à Paris par des fonctionnaires de police aux ordres de leurs
>supérieurs.
tiens pour une fois le chiffre n'est pas exageré.
>
SERVICE DE COORDINATION DES AFFAIRES ALGERIENNES Préfecture DE POLICE
cm / a Paris, le 1er décembre 1961
Au sujet des réactions de la population musulmane au lendemain des
dernières opérations de Police.
Depuis l'avènement du nouveau Président du G.P.R.A., la Fédération de
France du FLN qui avait déjà renforcé considérablement son Organisation
Spéciale et ses Groupes Armés, est passée à l'action à la fin du mois
d'août en ordonnant l'assassinat de policiers isolés ne participant ni
de près, ni de loin, à la lutte contre la rébellion. En agissant ainsi
l'Organisation rebelle espérait certes ****ter atteinte au moral des
forces de l'ordre mais elle escomptait aussi un énervement de la
répression dont elle ne manquerait pas de tirer profit sur le plan
politique. Tel devait être l'objet des manifestations d'octobre.
Cette manoeuvre n'était pas sans danger pour l'Organisation et les hauts
responsables de celle-ci l'ont déjà reconnu. La relance des attentats a
provoqué ce que le FLN avait envisagé, c'est-à-dire une réaction très
vigoureuse des services de Police. Mais celle-ci s'est traduite pour
l'adversaire par des pertes sans précédent qui ont encore été aggravées
par une détection, au nombre des manifestants d'octobre, des meneurs
recrutés parmi les militants et les cadres moyens de l'organisation
politique. Cela, le FLN ne l'avait pas prévu et les chiffres suivants,
mieux que de longs commentaires, illustrent l'étendue de ses pertes.
Depuis le 20 septembre - c'est-à-dire en deux mois :
- arrestation du responsable fédéral en Métropole - des membres de son
comité ou état-major - des trois responsables au contrôle des willayas
et de plusieurs chefs de willaya.
- neutralisation du réseau de soutien européen de l'administration
fédérale en France.
- destruction du réseau de transmissions des fonds de Métropole à
destination des willayas opérationnelles.
- arrestation de 19 responsables de l'Organisation spéciale et
neutralisation de son commandant à Paris.
- arrestations de 91 responsables des Groupes Armés dont la totalité.
pour la région parisienne. des chefs de willayas. de super-zones. de
zones et de régions.
- arrestation et transfert en Algérie de 2.545 responsables et militants
de l'Organisation Politique,
- saisie de 476 millions d'anciens francs,
- blocage dans les Banques françaises d'une somme de 96 millions
d'anciens francs.
- découverte de 205 armes à feu -8.030 cartouches -103 grenades -3 obus
- 8 bombes -26 pains d'explosifs.
Ces résultats ont eu des conséquences multiples pour l'organisation
rebelle. Tout d'abord les attentats ont été suspendus sur ordre de la
Fédération qui, dans sa Directive n° 2. prétend rejeter sur les chefs de
willayas la responsabilité du meurtre de simples gardiens de la paix.
Dans une directive complémentaire du 21 octobre, la Fédération expose
plus clairement les motifs de l'arrêt des actions violentes contre la
Police. Elle le fait en ces termes :
" Sachez aussi que l'opinion publique française est contre nous, elle ne
comprend pas les attentats contre de simples gardiens de la paix, notre
silence sur ce sujet et notre manque de précision quant aux causes
réelles de ces attentats ont été, pour une grande partie, une cause de
réprobation unanime de l'opinion française, grâce à nos actions ".
On peut tenir pour acquis que, dès le 21 octobre, les responsables
fédéraux de l'Organisation ne se faisaient plus grande illusion sur le
parti qu'ils pourraient tirer de la campagne menée par leurs alliés
politiques métropolitains au lendemain des manifestations d'octobre.
Précisément ces démonstrations qui devaient servir de sup****t à la
campagne que l'on sait et dans laquelle le FLN avait engagé la totalité
de ses militants résidant en région parisienne ( des do***ents saisis le
10 novembre 1961 par la DST le prouvent sans conteste) ont eu pour effet
direct de priver le Front de ses meilleurs éléments. Dès lors, il
devenait difficile, sinon impossible, à la Fédération de relancer
l'agitation dans la rue. L'échec des manifestations des 18-19 et 20
octobre lui en a administré la preuve. Elle en a tiré les conclusions
qui s'imposaient et décommandé in extremis le mouvement prévu pour le
1er novembre.
Mais cela n'est pas tout. Outre le mécontentement très vif qui s'est
élevé au sein de la population musulmane contre l'organisation et que
traduisent parfaitement les nombreux rap****ts rédigés par les
responsables à l'attention de la hiérarchie, les contacts entre les
chefs et la base ont été en maints endroits rompus. Ce raidissement de
la masse a été illustré en octobre par la chute de la collecte qui a
atteint, dans certaines willayas, près de 50%. Ainsi, dans une note
découverte au domicile de FARES le montant des fonds recueillis en
septembre pour les willayas 1 et 1bis : 119.742.500 anciens francs. En
Octobre ce chiffre est tombé à 78.600.000 francs compte tenu de la
contribution à la journée nationale du 1er novembre et cela du propre
aveu du responsable au contrôle des 2 willayas précités.
Dans une note du 4 novembre, les services spécialisés estimaient quant à
eux que les pertes infligées à l'organisation, du seul fait des
assignations à résidence en Algérie et cela avant les manifestations
d'octobre étaient évaluées par les responsables à près de 2 millions de
N.F. Le malaise s'est bien entendu accru au lendemain de ces
manifestations. Ces difficultés ne sont d'ailleurs pas propres à la
région parisienne : le dépouillement des do***ents d'archives saisis par
la DST le 10 novembre au domicile d'un haut responsable de
l'organisation en France fait apparaître un désarroi des chefs de zones,
des chefs de super- zones qui craignent de ne plus pouvoir accomplir
leur mission en raison de l'arrestation de la plupart des cadres de
valeur .
Ce désarroi apparaît aussi très nettement au sein de l'Organisation
Spéciale. Ainsi dans un rap****t du 3 novembre adressé à son responsable
fédéral en Allemagne, le chef de l'Organisation Spéciale à Paris écrit :
"Pour l'organisation politique, on n'a pas encore repris le contact car
la situation ne nous le permet pas. Les seuls qui pouvaient nous le
permettre, c'était les responsables des Groupes Armés, mais
malheureusement ils se sont fait arrêter. Actuellement, nous ne
connaissons plus personne. Il reste 90 militants. Le reste sont, soit
arrêtés, soit disparus. Deux éléments sont devenus harkis. Matériel
restant: 2 P.M.- 7P.A.- 2 grenades.."
Le 6 novembre, le responsable fédéral répondant à ce rap****t, écrit :
"...Quelles ont été les arrestations, leur im****tance, les causes, les
conséquences, les mesures prises ou envisagées, pour couper court à
cette situation catastrophique ? " Le Chef de l'Organisation Spéciale à
Paris a renseigné en ces termes son supérieur, sur la situation dans
laquelle il avait trouvé l'organisation lors de son retour à Paris : "A
notre retour, nous avons trouvé la situation fortement détériorée, à
cause de la répression qui a été terrible. Plusieurs de nos éléments
responsables sont arrêtés, c'est pourquoi il n y avait aucun contact
groupe et même entre éléments, avec l'organisation politico-
administrative. .";
En résumé, il apparaît clairement que dans tous les domaines les
liaisons sont rompues, les contacts ont cessé. De cette situation
nouvelle, les simples cotisants et même les militants s'accommodent fort
bien et les informations reçues tant par les Services d'Assistance
Technique que par les services spécialisés font état de la désinvolture
avec laquelle, en maints endroits, les responsables sont traités
lorsqu'ils prétendent imposer les consignes de l'Organisation. Cela a
même donné lieu à des incidents violents ces jours derniers au Foyer
Roger Semat à Saint-Denis. Un chef de section de militants et ses
adjoints ont dû battre en retraite devant une vingtaine de travailleurs
musulmans parce qu'ils avaient giflé l'un des leurs à qui ils voulaient
imposer une forte amende.
Dans ses directives complémentaires du 21 octobre, la Fédération de
France écrivait: "Le Préfet PAPON vise à faire sa bataille de Paris,
comme Massu la bataille d'Alger. c'est dire si l'enjeu est grand et il
nous faut gagner cette bataille sans grands dégâts ".
Pour le présent, il ne semble pas que cette bataille tourne à l'avantage
du F.L.N.
Fin du rap****t
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UBU
Agis uniquement selon la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps
qu'elle devienne une loi universelle .
Kant


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