.... à maintes reprises, la Wehrmacht s'était com****tée aussi mal que la
Waffen-SS, mais à Nuremberg
(http://bp3.blogger.com/_VsNSi_tHDW4/R55n-xKQ0OI/AAAAAAAABGM/EfMKmDFEa5U/s1600-h/1792.jpg),
seule la seconde fut accusée et condamnée en tant qu'"organisation
criminelle"
Aujourd'hui tombée dans l'oubli, cette mise en accusation correspondait
à la volonté américaine, mise en avant par Murray Bernays dès septembre
1944, afin d'éviter la multiplication des procès individuels en se
contentant de juger les "organisations" auxquelles les individus avaient
appartenu.
Pour Bernays, qui tirait son argumentation des gangs criminels
américains, "Il ne serait pas nécessaire d'accuser chacun de leurs
membres, mais uniquement des "individus représentatifs". Une fois
l'organisation jugée et condamnée, chaque membre pourrait être jugé en
tant que complice d'un crime et avoir droit à un procès sommaire
organisé par les Alliés".
Mais s'il était relativement facile de démontrer le caractère criminel
de vulgaires gangs comme celui d'Al Capone, et de déduire la culpabilité
individuelle de la simple appartenance à ces gangs, il en allait tout
autrement pour les "organisations" nazies qui, à elles six, avaient
hébergé plusieurs millions de personnes dans leurs rangs : la Waffen-SS
- qui n'était qu'une des composantes de la SS - avait compté largement
plus d'un million d'hommes (!)
Pour qu'une organisation soit reconnue "criminelle" au sens du Tribunal
de Nuremberg, il fallait qu'elle ait clairement des "buts criminels",
qu'elle constitue "un groupe dont les membres sont liés les uns aux
autres et organisés en vue d'un but [criminel] commun", et enfin "que la
formation du groupe ou son utilisation ait un rap****t avec les crimes
définis par le Statut [du Tribunal]. (1)
En pratique, si la SS, le parti nazi et la Gestapo furent bel et bien
reconnues "organisations criminelles", le Tribunal arriva néanmoins à la
conclusion que le simple fait de les déclarer "criminelles" ne pouvait
suffire à lui seul à démontrer ensuite la culpabilité de chacun de leurs
membres. Dans ses attendus, il souligna en effet que, dans la mesure où
la criminalité des individus était déterminée par celle de
"l'organisation" à laquelle ils avaient appartenu, il fallait néanmoins
prouver, pour chaque individu, qu'il avait adhéré à cette organisation
a) en pleine connaissance de ses buts, et b) sans contrainte aucune, ce
qui, dans les faits, était quasiment impossible.
"Au total, l'accusation de criminalité pour les "organisations" fit long
feu. Ainsi, souligne Bradley F Smith, "s'évanouit le grand rêve de voir
expédier au gibet ou dans des camps de travaux forcés des milliers,
voire des millions de nazis endurcis". On n'entreprit jamais de campagne
systématique pour définir et répartir le blâme sur tous ceux qui étaient
responsables des fléaux du nazisme" (2)
(1) Wieviorka, page 145
(2) ibid, page 149
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