Pourquoi ces chiffres mensongers continuent-ils de circuler? C'est que
personne n'a intérêt à
la révélation de la vérité. Les administrations douanières ont tout
intérêt à exagérer
grossièrement le poids de la contrefaçon, qui leur donne une raison de
continuer d'exister à
une époque ou le commerce fait l'objet de plus en plus d'accords de
libre-échange. Les
entreprises des secteurs considérés ont tout intérêt à exagérer le
préjudice qu'elles
subissent, afin de pousser les pouvoirs publics à les soutenir. Les
marchands de services
"d'intelligence économique" comme Kroll ont tout intérêt à exagérer la
menace, voire à y
ajouter des risques d'incendies, de morts de maladie, Al Qaeda, voire les
invasions des
martiens, pour inciter les entreprises à acheter leur "expertise" vendue
au prix fort. Les
journalistes ont tout intérêt à reproduire ces fariboles sans se livrer
aux plus élémentaires
vérifications : cela leur permet d'écrire rapidement une bonne histoire,
avec des gros chiffres,
qui captera l'oeil du lecteur et du rédacteur en chef.
Et l'OCDE? Il faut savoir que tous les do***ents que celle-ci publie sont
soumis à l'accord
unanime des gouvernements des pays membres, eux-mêmes très soucieux sur ce
sujet de
satisfaire leurs services douaniers et les lobbys industriels. Un papier
qui affirmerait que la
contrefaçon est beaucoup moins im****tante qu'on ne le croit a toutes les
chances de faire
l'objet d'un veto, le plus souvent français ou américain. C'est ce qui
donne le prodige
d'hypocrisie dénoncé par Salmon : d'abord, on publie le vrai chiffre, et
ensuite, on consacre
des pages à le maquiller pour que le papier soit accepté par les pays
membres. La vie des
chercheurs à l'OCDE n'est pas toujours facile.
plus :
http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2008/02/05/1172-statistiques-de-contrefacon-
la-grande-arnaque
--
Maurice


|