L'exaspération monte aux Pays-Bas, sur une multitude de conflits quotidiens
liés à l'islam. Les débats se suivent, incessants. Le 5 décembre, le
Parlement
a interdit le ****t du foulard islamique dans la police, après des années
de politiques
plus ou moins tolérantes en fonction des villes. La municipalité
d'Amsterdam, de
son côté, a demandé à ses travailleurs sociaux, même musulmans, de serrer
la
main des femmes dans la rue. La décision a été prise après bien des remous
:
Job Cohen, le maire travailliste d'Amsterdam, a d'abord trouvé qu'il
n'était «pas
indispensable» de serrer toutes les mains. Puis plusieurs élus
travaillistes de
l'arrondissement de Slotervaart - à forte immigration -, dans l'ouest de
la ville, se
sont battus pour le respect de «la norme du pays d'accueil».
Le burqini, ce nouveau maillot de bain qui couvre l'intégralité du corps
des femmes,
donne la mesure des avancées du fondamentalisme. Pour tester les réactions
du
public, la chaîne de télévision Netwerk a envoyé une journaliste é***er
les piscines
du pays en burqini. La réplique la plus féroce est venue d'un musulman qui
a vitupéré
contre «l'influence croissante de l'islam orthodoxe aux Pays-Bas». Au
total, six
piscines municipales ont aujourd'hui interdit le maillot de bain
islamique.
L'islamologue Hans Janssen, de l'université d'Utrecht, estime que «les
Pays-Bas
cèdent beaucoup trop aux menaces brandies par les fondamentalistes».
Dans un autre registre, la banque Fortis a remplacé par une encyclopédie
la petite
tirelire en forme de cochon qu'elle offrait à l'ouverture de tout compte
pour enfant.
De son côté, l'Association des médecins néerlandais (KNMG) a préconisé,
fin février,
de céder aux préférences des patients, pour un médecin homme ou femme,
mais de
ne pas tenir compte des demandes liées à la religion des praticiens. Une
façon de clore
le débat, face aux exigences croissantes des musulmans dans le système de
santé.
Enfin, après trois ans d'atermoiements, un permis de construire a été
délivré à
Amsterdam en vue de la construction d'une grande mosquée, qui sera le plus
haut
édifice de la ville.
Ronald Plasterk, le ministre de la Culture, de l'Enseignement et de
l'Emancipation, a
cherché à détendre l'atmosphère en conseillant aux musulmans de «prendre
de la distance»
avec le Coran. «Si l'on doit tout prendre au pied de la lettre, il y a de
quoi devenir fou,
par les temps qui courent», a-t-il commenté. Sooreh Hera, une artiste
d'origine iranienne,
n'en accuse pas moins ce ministre d'avoir «trahi la liberté d'expression».
Elle lui reproche
son absence de soutien, après le rejet par le musée municipal de La Haye
de photos
controversées. Ses images montraient un couple d'homo***uels iraniens aux
visages
recouverts par des masques, à l'effigie du prophète Mahomet et de son
gendre Ali. A
Paris, le centre Pompidou va les exposer, mais aux Pays-Bas, elles ne
trouvent pas
preneur. Un seul musée, à Gouda, avait promis de les montrer. Son
directeur a changé
d'avis, mais nie avoir cédé à de quelconques pressions.
http://www.liberation.fr/actualite/monde/315151.FR.php


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