http://www.libertyvox.com/article.php?id=312
Une bucolique promenade bruxelloise a plongé Pavel au cœur d’un monde
parallèle : Le Boboland palestinophrène.
En ce dimanche 16 mars 2008, à Bruxelles, la nature s'affole, comme
probablement partout en Europe. Les arbres sont en pleine floraison, pour
certains, elle est même déjà finie. Le ciel clément envoie sa carte de
visite aux promeneurs. Venez, vivez, méditez. Bruxelles n'est pas une
ville pour flâner, sauf si vous confondez cette activité avec le
lèche-vitrines, difficile à exercer toutefois le dimanche. Bruxelles n'est
ni Prague, ni Paris et encore moins Brugge. Il faut faire avec ce qu'on a.
Dans un des rares quartiers dont le cadre se prête aux promenades, le
trafic est pourtant dévié par un im****tant dispositif policier. Les
voitures de police affluent, roulant à tombeau ouvert, sirènes hurlantes.
Le promeneur aperçoit à distance un attroupement dans une allée de
châtaigniers, mais reste fermement décidé de ne pas laisser perturber sa
trajectoire choisie. Mais on n'échappe jamais à son destin, les Grecs
anciens le savaient très bien.
De retour, le promeneur voit son chemin croisé par une manifestation. Une
maquette de missile, une autre d'un char orné d'étoiles blanches, calicots
du genre "Stop USA". Combien sont-ils ? Deux cents, à la grosse louche ?
Aucune guerre n'est en apparence mentionnée en particulier, mais les
maquettes sont suffisamment éloquentes. De toute façon, qui mène les
guerres dans ce monde, si ce n'est les USA et Israël ? D'ailleurs, les
drapeaux palestiniens çà et là et un grand tableau avec un homme casqué
pointant son pistolet sur un autre, coiffé de keffieh, devant une sorte de
fortification et avec le texte parlant d'un "mur", ne laissent pas planer
beaucoup de doutes. La "gauche progressiste", mouture 2008, dans toute sa
splendeur dominicale en promenade, elle aussi. La gauche progressiste qui
ne peut plus rien pour les prolétaires, son rêve socialiste mis en
pratique, grandeur nature, ayant tourné en un de ces deux cauchemars
meurtriers totalitaires du XXè siècle, se rabat sur ce qui lui reste. Et
que lui reste-il alors ? Le tiers-mondisme au rabais et les rabâchages
alter-mondialistes, dont "alter" se résume par des sortes de mondes
parallèles révolutionnaires où les Yankees sont à jamais gone home et où
s'épanouit un brillant Etat palestiniens avec Jérusalem pour capitale et
tous les "réfugiés" - palestiniens - de retour sur leurs terres
"ancestrales".
Il est quand même étonnant de choisir son jour de manifestation
antiaméricaine et anti-israélienne au moment où l'Occident a daigné -
enfin - tourner un peu son regard vers le Tibet et exprimer sa
préoccupation. C'était probablement prévu de longue date et il n'est pas
toujours aisé d'organiser des événements, j'en conviens. Mais un peu de
sentiment de dignité aurait pu suffire pour se donner des coups de GSM et
annuler ce qui risque finalement de paraître comme un acte fort déconnecté
de l'actualité. On vit quand même à l'époque multimédia où les "jeunes des
quartiers difficiles" peuvent se mobiliser, grâce aux GSM, en quelques
minutes. Or, la gauche a toujours été bureaucratique. Il n'y a jamais eu
des "révolutions" plus bureaucratiques que celles fomentées par la gauche.
On n'abandonne pas si facilement des créneaux aussi ****teurs que
l'antiaméricanisme et l'anti-israélisme. Ce sont les vaches sacrées, si
j'ose dire. Les idoles "d'exécrabilité" en quelque sorte. On peut se
délecter de leur "abhorration" tout au long de l'année, indépendamment des
événements, c'est leur grand avantage.
A côté des vieux routiers soixanthuitards qui n'ont pas réussi à grandir,
des palestinards et des bobos du dimanche, des jeunes ne manquaient pas à
l'appel dans le cortège. Ah, le romantisme révolutionnaire, quand tu nous
tiens ! "Stop USA !" Personne ne doute que de stopper net
l'interventionnisme américain n'ap****terait, comme par un coup de baguette
magique, que la paix immédiate et éternelle, comme ce fut notamment le
cas, faut-il le rappeler, en Europe en 1918 et en 1945. Il n'y a pas pire
dictature au monde que l'Amérique de Bush, l'Amérique de Belzebush. Aucun
de ces jeunes, qui s'expriment ainsi librement -et feraient la même chose
aux USA- n'a la moindre idée de ce qu’est une dictature totalitaire. Les
raisons de l'agitation policière sont restées mystérieuses au promeneur,
mais aucun des manifestants n'avait ni la tête ensanglantée, ni ne
traînait des chaînes aux mains et aux pieds.
Aujourd'hui, les mots "Staline" ou "Hitler" peuvent être prononcés avec
autant de mépris ou d'irrévérence que quiconque souhaite leur attribuer et
c'est même vivement encouragé. Pourtant, lorsque leurs régimes étaient en
vigueur, un soupçon de réprobation lors de la prononciation de leur nom
pouvait valoir au locuteur la prison, le camp ou la mort. Il s'agissait
des termes, et il y en avait des dizaines d'autres, lourdement chargés du
pouvoir létal. Avez-vous lu la "Plaisanterie" de Kundera ? Mais ce
n'étaient ni Hitler, ni Staline personnellement qui causaient la perte de
l'imprudent. C'est que les régimes totalitaires s'appuient sur des
milliers, des dizaines de milliers de crapules à leur service, des hommes
ordinaires et qui le restent, faute d'op****tunité, dans le cadre
démocratique, mais que tout totalitarisme transforme inévitablement et
sans exception quelconque en monstres ordinaires, devant lesquels personne
n'est plus en sécurité nulle part et à aucun moment. Peu de gens vivant en
Allemagne aujourd'hui sont capables de réellement se figurer qu'il put en
être ainsi sous les Nazis. Idem pour ceux qui sont nés dans l'ancien "bloc
de l'Est" dans les années quatre-vingt et après. Il suffit de peu, une
date historique, et tout un vocabulaire meurtrier qui peut mener au
bûcher, à la guillotine, devant le peloton ou à la potence, redevient un
simple moyen de communication, aussi inoffensif que le sourire d'un bébé.
Les brandisseurs européens des drapeaux palestiniens ignorent tout cela
royalement. Ils sont totalement ignorants du fait que le monde de l'islam
n'a pas encore franchi cette étape, loin de là. En son sein, la force de
la mort attachée à de simples mots ou à des symboles, peu im****te, est
restée parfaitement intacte et elle est aujourd'hui prête à frapper
partout, grâce à l'ex****tation de la conception islamique du monde par le
biais des canaux multiples. Ce qui pour les uns est un dessin, quelques
traits de crayon, pour d'autres est une excellente raison de tuer, tout à
fait justifiée et justifiable.
Pourtant, Mahomet, Abu-l-Qâsim Mouhammed Ibn `Abd Allâh Ibn `Abd
Al-Mouttalib Ibn Hâ****m, l'inventeur de l'islam, et considéré dans le
cadre de ce dernier comme prophète, n'est qu'une simple personne humaine,
sur laquelle tout un chacun peut se prononcer à sa guise et avec toute la
liberté requise, sans craindre qu'une troupe de brutes munies de Corans et
de sabres ne s'arroge le droit, sous quelque couvert que ce soit, de
superviser le contenu des propos en question. Tout un chacun est également
absolument libre de se prononcer sur le parcours personnel dudit Mahomet,
ainsi que sur le parcours historique de l'islam, qui peuvent tous les deux
être légitimement vus comme peu reluisants, selon les critères en vigueur
en Occident au XXIème siècle, ces mêmes critères qui permettent des
manifestations de la gauche progressiste brandissant les drapeaux
palestiniens.
Or, n'en déplaise à cette gauche, le "Palestinien" n'est nullement un
symbole de l'"opprimé". Au contraire, au travers de l'artificielle figure
du "Palestinien" s'exprime toute la force traditionnelle de l'oppresseur
musulman envers les Juifs et les Chrétiens, dont le Palestinien lui-même
est l'ultime représentation, surtout dans sa version la plus aboutie
incarnée par la mouvance Hamas, un groupe aux desseins purement religieux,
dans le sens que l'islam comprend ce terme. La "cause palestinienne" est
la dernière invention de l'islam totalitaire, conquérant et dominant,
contre l'Occident et un de ses piliers majeurs, l'héritage judéo-chrétien.
Car malgré son antisémitisme historique indéniable, c'est du sein de
l'Europe chrétienne, et non de l'islam "tolérant", que se sont dressés les
Juifs prospères et libres qui "dominent le monde".
Ceux qui brandissent des drapeaux palestiniens ****tent l'étendard d'Abd
el-Rahmann à Poitiers et de Kara Mustafa devant les ****tes de Vienne. Ils
brandissent leur souhait démocratique libre de devenir esclaves. Mais, me
direz-vous : nihil novo sub sole. Sauf que j'exprime mon opposition
formelle à ce qu'ils m'entraînent avec eux. Stop aux désastres
incommensurables et annoncés de l'ingénierie sociétale de la gauche !!
Cela suffit !!!!
© Pavel pour LibertyVox


|