Le mercredi 12 mars 2008
Deux fois plus de tenanciers convoqués par les autorités
Le nombre de propriétaires de bar convoqués par la Régie des alcools, des
courses et des jeux (RACJ) à la suite d'incidents violents a presque
doublé
en deux ans.
Seulement depuis janvier, plus de 20 bars attendent leur comparution
devant
le tribunal administratif, ce qui inclut les dossiers en analyse avant
leur
éventuelle convocation.
Il s'agit d'une augmentation par rap****t aux 12 convocations pour toute
l'année 2006 et les 18 pour 2006 et 2007. À en juger par le nombre
d'audiences prévues cette année, on peut s'attendre à un nouveau sommet.
Nous avons dressé la liste noire des bars violents entre 2005 et 2007.
Bagarres, intimidation, menaces, voies de fait, trafic de stupéfiants,
gangs
de rue, motards, agressions armées et meurtres: l'éventail des infractions
recensées donne froid dans le dos.
La majorité des bars sanctionnés par la Régie ont vu leurs permis d'alcool
suspendus, certains pour plusieurs mois. Les permis de neuf établissements
ont carrément été révoqués.
L'article 32.1.1 de la Loi sur la Régie des alcools, des courses et des
jeux, une mesure extrême, a été invoqué à quatre reprises depuis 2005.
Cette
disposition permet à la Régie de convoquer d'urgence des bars lorsque la
situation est «susceptible de mettre en danger la vie ou la santé des
personnes». Une mesure rarement utilisée, précise Réjean Thériault,
****te-parole de l'organisme.
Les moutons noirs
Le Pub Saint-James, dans le Vieux-Montréal, a perdu son permis en janvier
à
la suite d'une série d'incidents, dont deux fusillades l'an dernier. Des
coups de feu et de couteau ont aussi fait plusieurs blessés en novembre.
Selon la police, les batailles sanglantes étaient monnaie courante et
l'endroit grouillait de membres de gangs de rue, de la famille des bleus
(Crips).
En juillet dernier, le bar Le Safou, angle Ontario et Saint-Laurent, a
aussi
perdu ses permis. L'endroit a été le théâtre de tentatives de meurtre, à
l'intérieur et à l'extérieur. Des voies de fait et des agressions armées
ont
aussi été signalées.
La Régie a motivé sa décision de révoquer le permis à l'escalade de
violence
observée. «Les belligérants sont des membres im****tants de gangs de rue
haïtiens et jamaïcains. Par conséquent, étant donné la clientèle qui
fréquente le bar Safou, il y a un danger pour la sécurité du public et le
risque de représailles est imminent», peut-on lire dans la décision. La
Régie a ordonné qu'aucun nouveau permis ne soit délivré durant quatre
mois.
Le club Millenium, boulevard Viau, a aussi été convoqué d'urgence en 2005.
Des gangs de rue rivaux, qui se disputaient le contrôle du territoire,
rôdaient alors autour de la gigantesque discothèque de Saint-Léonard.
En février 2006, c'était au tour du bar Lounge Joy. La Régie voulait
freiner
le crime organisé, qui faisait la pluie et le beau temps dans ce bar disco
de la rue de La Montagne. Elle a révoqué les permis pour une période de
six
mois. «Or, le bar Joy n'était pas que le château fort des Hells Angels, il
était aussi la forteresse des gangs de rue», avait noté la procureure de
la
RACJ. «L'endroit est infesté d'indésirables et il faut le décontaminer.
Six
mois, c'est juste assez pour faire un réel ménage, pour passer l'eau de
Javel», avait-elle dit lors de l'audition.
La RACJ estime que ces exemples sont représentatifs. «Ce n'est pas parce
qu'il y a plus de conducteurs qui reçoivent des contraventions durant
quelques mois que les gens conduisent plus vite», nuance toutefois M.
Thériault. «Dès qu'il est question de violence, on a l'épiderme sensible»,
ajoute le ****te-parole de la Régie.
Le Service de police de la Ville de Montréal n'a pu fournir de données sur
le nombre d'interventions dans les bars. Une demande d'accès à
l'information
a donc été effectuée en ce sens.
Trop molle, la Régie?
Selon la Cor****ation des propriétaires de bars du Québec (CPBQ), la Régie
n'est pas assez sévère.
«Pour nous, la Régie (des alcools, des courses et des jeux) est peut-être
déconnectée de la réalité», lance le président de la CPBQ, Renaud Poulin.
Il trouve anormal qu'une suspension de permis de 15 jours soit imposée à
un
établissement qui a été le théâtre de bagarres, trafic de drogue, méfaits,
agressions armées, voies de fait et menaces de mort, en plus d'abriter des
groupes criminels. C'est pourtant la sentence imposée en octobre dernier
au
bar de danseuses Le Faucon bleu, situé à Mont-Tremblant.
«Un autre bar, à Val-d'Or, a été fermé pour trois mois pour un meurtre et
32
infractions. Après sa réouverture, il y a eu sept autres infractions et un
****tier a été poignardé», révèle M. Poulin. Il exhorte donc la Régie à
changer sa philosophie. «Ça prendrait des gens qui font la différence
entre
un meurtre et une bouteille d'alcool non timbrée», ironise-t-il.
À la RACJ, le président, Denis Racicot, n'a pas voulu commenter. Chaque
cas
est unique et la Régie doit tenir compte de facteurs atténuants, plaide le
****te-parole de l'organisme. «Certains endroits nous présentent rapidement
des solutions, par exemple l'installation de caméras», indique Réjean
Thériault.
Bars dont les permis ont été révoqués depuis 2005
Pub Saint-James, Montréal
Club de nuit Babylon, Gatineau
Bar Le Safou, Montréal
Bar Chez Françoise, Montréal
Le Zoo Lounge, Montréal
Bar Do Drop In, Montréal
Bar Ginza, Montréal
Bar Lounge Joy, Montréal
Le Midnight, Saint-Jérôme
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"Le rêveur, préfère aller à pied, sur la route, qui deviendra celle de
ses
souvenirs "
Extrait de Sous-Bois d'A.G.


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