Cet article doit dater du 22 décembre 2005
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22 déc.
Euthanasie des enfants : la logique barbare continue
Pierre-Olivier Arduin*
Des chefs de service de pédiatrie néerlandais viennent de relancer le
débat sur l'euthanasie à propos des nouveaux-nés souffrant de maladies
incurables. On se souvient que les Pays-Bas furent le premier État dans
le monde à légaliser l'euthanasie : c'était le 1er avril 2002, non
seulement pour les adultes qui en font la demande, "explicite,
raisonnée et répétée" et pour les jeunes entre 16 et 18 ans (art. 3,
section 2 de la loi), mais aussi pour les enfants de 12 Ã 16 ans, Ã la
condition qu'ils soient capables de consentement éclairé et que les
parents eux-mêmes ou ceux qui en ont la tutelle juridique, ap****tent
leur accord à la "requête" de leurs enfants.
Depuis quelques mois, une offensive de la "pédiatrie" hollandaise vise
à promouvoir l'euthanasie des nouveau-nés, des nourrissons et des
enfants de moins de 12 ans. C'est le docteur Edward Verhagen, directeur
de la clinique universitaire de Groningen, qui est à la tête de ce
mouvement. Ce patron de pédiatrie s'est déjà singularisé il y a
quelques semaines en obtenant la mise en place d'un protocole avec la
justice néerlandaise pour aboutir à son projet. Ce protocole fut
condamné de manière très vive par le Saint-Siège : Mgr Sgreccia,
vice-président de l'Académie pontificale pour la Vie, a exprimé son
indignation (1). Le plus inquiétant, c'est que le Dr Verhagen invoque
des enquêtes signalant que 72% de ses collègues hollandais et 74% de
ses collègues français approuveraient sa proposition.
Péril ultra nazi
Il y a quelques années, le cardinal Ratzinger fut âprement critiqué
pour avoir employé l'expression de "péril ultra-nazi" qui guettait nos
sociétés démocratiques modernes occidentales. Son analyse, comme
d'habitude, ne manquait malheureusement pas de clairvoyance, car
aujourd'hui, un eugénisme radical d'une extrême violence refait
surface.
Après le diagnostic prénatal et le diagnostic préimplantatoire,
techniques au service de l'élimination cachée des plus fragiles - un
membre actuel du CCNE qui veut garder l'anonymat pronostiquait que le
IIIe Reich aurait applaudi à l'usage méthodique que nous en faisons -,
voici donc de nouveau posée la question de l'euthanasie des
"nouveaux-nés difformes", selon l'expression des darwinistes sociaux du
siècle dernier, seul moyen de rattraper les avortements qui n'ont pas
été réalisés.
Ainsi en 1895, le docteur Ploetz, fondateur de la Société d'hygiène
raciale en Allemagne, imaginait qu'en cas de naissance d'un enfant
"faiblard ou contrefait", un collège de médecins pourrait décider de la
mort par injection d'une "petite dose de morphine". Dès 1904, le
professeur Weygand, directeur de l'asile psychiatrique de Hambourg,
réclame que l'État envisage "l'exposition à la spartiate des enfants
trop faibles comme mesure d'hygiène sociale". En 1905, le psychiatre et
eugéniste Rüdin propose de "supprimer grâce à une narcose charitable
[…] les nouveaux-nés crétins, idiots, hydrocéphales, microcéphales
et
autres du même genre". L'hydrocéphalie et la microcéphalie sont
d'ailleurs deux maladies revendiquées explicitement par Verhagen
aujourd'hui.
Mais continuons. En 1931, le professeur Lenz, titulaire de la plus
prestigieuse chaire d'hygiène raciale à l'université de Munich, ouvre
la ****te à l'euthanasie des enfants en cas de changement politique. En
1933, Hitler parvient à s'emparer légalement du pouvoir : la voie est
tracée pour une collaboration terrible entre les SS et les médecins
allemands.
Si le meurtre des nouveaux-nés et des enfants n'est qu'une partie des
différentes opérations euthanasiques dans l'Allemagne nazie, il ne faut
pas oublier qu'elle fit environ 5000 victimes de la fin de l'année 1938
jusqu'à 1945 dans une trentaine de "cliniques pédiatriques", bien après
la fin de la tristement célèbre opération T 4. Denier détail macabre :
il était versé 2 Reichsmark par enfant signalé aux sages-femmes
zélées
en cas de trisomie 21, malformations congénitales et handicaps mentaux
jusqu'aux 3 ans de l'enfant.
Aux sources de l'éclipse de l'homme
Comment en est-on arrivé à voir resurgir les vieux démons que l'on
croyait disparus ? Sans se lancer dans une analyse philosophique
détaillée sur le déclin de l'humanité, remarquons que plusieurs
courants de pensée très influents aux Pays-Bas convergent vers cette
éclipse de l'homme. Citons-en deux.
Tout d'abord la rhétorique utilitariste radicale incarnée par le
philosophe australien Peter Singer. Celui-ci conteste le concept de
condition humaine qu'il juge bien trop exclusif. N'écrit-il pas que
"les chimpanzés, les chiens, les ****cs et les membres adultes de bien
d'autres espèces dépassent de loin un enfant au cerveau endommagé, du
point de vue de leur capacité qui pourrait raisonnablement être
considérée comme donnant une valeur à la vie, car même avec les soins
les plus intensifs, certains enfants gravement déficients ne pourront
jamais atteindre le niveau d'intelligence d'un chien" (2).
D'autre part, le moraliste américain Engelhardt, autre grand maître Ã
penser du monde anglo-saxon et des pays du nord de l'Europe. Le
philosophe prétend que les individus déments, les malades dont le
cerveau est atteint, les handicapés mentaux, les zygotes, les embryons,
les fœtus et même les enfants ne sont pas des personnes au sens propre.
Nous sommes bien dans la logique d'une société inhumaine où les forts
et bien-****tants dominent les faibles. Si la loi hollandaise devait
avaliser l'idéologie mortifère du docteur Verhagen, tout l'édifice
médico-juridique mis en place depuis le procès de Nüremberg
s'écroulerait. Le principe de consentement, mis à l'honneur en cette
occasion et renforcé dans le Code d'Helsinki, n'existe évidemment pas
pour des enfants de moins de 12 ans. Alors que pour les enfants de cet
âge, toute expérimentation clinique est interdite dans l'ensemble des
nations, l'euthanasie infantile ruinerait tout ce qui a été patiemment
construit après l'horreur nazie.
Mgr Sgreccia, à la suite du Saint-Père, appelle à entrer en résistance
intellectuelle. Il s'agit de réaffirmer que le principe d'humanité doit
être au cœur de la bioéthique contem****aine : défendre le respect de
l'être humain depuis sa conception jusqu'à sa mort naturelle, quel que
soit son état de santé ou son stade de développement, et retrouver la
valeur transcendante de l'homme au-delà de tout réalité seulement
mondaine sont les grandes urgences de notre temps.
*Pierre-Olivier Arduin est responsable de la formation éthique du
diocèse de Fréjus-Toulon.
Notes
(1) Elio Sgreccia, L'euthanasie en Hollande : également étendue aux
enfants !, Osservatore romano n.39, 28 septembre 2004
(2) Peter Singer et Paola Cavalieri, La libération animale, Grasset,
1993
http://www.libertepolitique.com/public/decryptage/article-1098-Euthanasie-des-enfants-:-la-logique-barbare-continue.html
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Autres liens:
http://www.pasaj.ch/des-gynecologues-britanniques-demandent-de-supprimer-les-nouveaux-nes-****teurs-de-handicap-article815.html
Des gynécologues britanniques demandent de supprimer les nouveaux-nés
****teurs de handicap
jeudi 16 novembre 2006
http://www.voxdei.org/afficher_info.php?id=11236.43
Bioéthique: Euthanasie à moins de 12 ans aux Pays-Bas... la dernière
limite est dépassée!
(APIC)
date: 2004-09-06
http://blogpourlavie.blogspot.com/2006/03/la-hollande-sur-le-point-dautoriser.html
La Hollande sur le point d'autoriser l'euthanasie des nouveaux-nés !
7 mars 2006
http://bioethique.over-blog.net/article-6475687.html
Belgique: l'euthanasie des bébés est une réalité.
Mercredi 11 avril 2007
http://www.lalibre.be/index.php?view=article&art_id=272028
DÉMENCE ET EUTHANASIE
Démentir la déchéance
Marie-Thérèse CASMAN, sociologue ULg; Marie-Christine CLOSON,
économiste UCL; Freddy FALEZ...
Mis en ligne le 02/03/2006
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On peut obscurcir la Vérité mais non pas la détruire.


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