Un article du Figaro crève l'abcès sur les com****tements musulmans dans
les entreprises, qui inquiètent les services du personnel. A lire
également cet entretien intéressant.
http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/04/02/01001-20080402ARTFIG00653-j-ai-vu-des-salaries-refuser-de-partager-le-meme-frigidaire.php
http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/03/29/01001-20080329ARTFIG00670-l-entreprise-face-a-la-pratique-de-l-islam.php
«J'ai vu des salariés refuser de partager le même frigidaire»
Propos recueillis par C. G.
03/04/2008 | Mise à jour : 09:48 | Commentaires 8
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L'anthropologue Dounia Bouzar(*), cofondatrice de l'association
Dynamique Diversité,mène depuis 2007des audits sur les revendications
religieuses dans l'entreprise.
LE FIGARO. Observe-t-on une montée des revendications religieuses ?
Dounia BOUZAR. À l'image du reste de la société, l'entreprise est
touchée par le retour du religieux. Les jeunes nés en France ne veulent
plus se cacher et revendiquent de nouveaux droits. Chacun teste son
bricolage religieux personnel. Parfois, c'est une façon de se faire
entendre, de revendiquer une place.
Quelles sont les nouvelles demandes ?
Certaines revendications ****tent sur les rituels, comme la nourriture
confessionnelle et l'apparence, notamment le ****t du foulard. Mais
d'autres instrumentalisent le religieux pour instaurer des rap****ts de
force et échapper aux règlements collectifs… J'ai vu des salariés
refuser de partager le même frigidaire pour cause de viande impure. On
observe aussi des phénomènes de contestation de l'autorité des femmes.
Comment réagissent les entreprises ?
Elles sont perdues, surtout sur l'islam. Les stéréotypes pèsent
lourdement. Les entreprises prennent souvent les musulmans pour des
intégristes et les intégristes pour des musulmans ! Le manager doit
refuser le terrain théologique, pour évaluer le com****tement du
salarié,
quel qu'en soit le prétexte.
Concrètement, les entreprises peuvent-elles interdire le voile ?
La restriction des libertés individuelles ne peut être justifiée que
par
la nature de la tâche, affirme le Code du travail. Si la fonction
l'exige, le recruteur peut demander à la candidate d'être neutre. Mais
pas forcément de montrer ses cheveux ! Le tout, c'est de ne pas être
perçue comme « une musulmane ». Avec un petit bonnet fa****on, elle peut
avoir l'air d'une cadre comme les autres tout en préservant sa liberté
de conscience !
* Allah, mon boss et moi, Dynamiques Diversité éditeur.
L'entreprise face à la pratique de l'islam
Cécilia Gabizon
03/04/2008 | Mise à jour : 13:12 | Commentaires 68
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L'Association nationale des directeurs des ressources humaines s'est
saisie du problème des revendications religieuses au travail.
Un matin, Hamid a décidé qu'il ne pousserait plus le chariot contenant
les fioles d'alcool destinées aux avions : «C'était contre sa
religion.»
En invoquant l'islam, cet employé intérimaire de l'Aéro****t de Paris a
mis la direction du service en émoi. Fallait-il céder au nom de la
«tolérance religieuse», se plonger dans les sourates pour vérifier la
validité des revendications ? Ou s'insurger de cette demande farfelue ?
L'anecdote reflète le malaise croissant autour des manifestations
religieuses dans les entreprises. Surtout lorsqu'elles se présentent
sous les habits de l'islam. De grandes entreprises comme L'Oréal, Gaz de
France, Total, Vinci participent depuis un an à un groupe de travail
organisé par l'association Dynamique Diversité, sous la houlette de
Dounia Bouzar, anthropologue spécialiste du radicalisme religieux.
Tandis que l'Association des directeurs de ressources humaines (ANDRH),
qui rassemble l'élite des entreprises françaises, aborde le sujet jeudi
après-midi à Sciences Po Paris.
Jusqu'alors, les entreprises rechignaient à exposer leurs petites
affaires religieuses. Mais la pression monte. Beaucoup de structures ont
aménagé temps de travail et jour de congé pour dissiper les conflits.
Ainsi l'Aïd-el-Kebir, la plus im****tante fête musulmane, est souvent
accordée sous la forme d'autorisation d'absence. Une tolérance plus
qu'une règle qui évite à l'employé d'entamer ses congés. L'industrie
automobile, qui comptait de nombreux immigrés, a aménagé des salles de
prières dans certains ateliers depuis les grandes grèves des années
1970, notamment dans les usines Renault de Flins et Boulogne. Les
rotations prennent parfois en considération l'heure des prières et
souvent le ramadan. PSA a la même politique. Le BTP «module
l'organisation de certains chantiers», reconnaît Patrick Plein,
directeur du développement des ressources humaines chez Vinci.
La mixité parfois contestée
La grande distribution adapte à son tour les horaires de travail des
caissières lors du mois de ramadan pour éviter les baisses de rendement
et leur permettre de rompre le jeûne… sans abandonner leur poste. «On
n'a pas le choix», résumait, en 2007, un responsable du service caisse
du Géant d'Argenteuil.
Le phénomène s'étend, parfois ****té par de vrais idéologues, qui
imposent insidieusement des pratiques collectives, comme la prière et le
halal, là où les employés issus de familles musulmanes sont nombreux.
La
mixité est parfois contestée, comme dans ce centre d'appels,
sous-traitant de SFR. Un certain Mounir y pratiquait un prosélytisme
voyant et refusait les ordres de son chef, qui était une femme, sans que
personne n'intervienne. Ces cas restent isolés mais «la peur qui entoure
l'islam induit des com****tements irraisonnés de la part des recruteurs
et des managers», résume Aline Crépin, responsable diversité chez
Randstad, une société d'intérim. Lorsqu'un de ses serveurs, après un
séjour à l'étranger, n'a plus voulu servir les femmes, un grand groupe
de restauration a ainsi appelé à l'aide l'Institut de mécénat social
(IMS) pour savoir comment réagir ! «Ils vont probablement le licencier,
mais ils hésitaient», relate le responsable diversité de l'IMS,
Benjamin
Blavier. «Les DRH craignent d'être considérés comme racistes et
d'avoir
des procès», poursuit Patrick Plein de Vinci. «Ils préfèrent parfois
ne
rien faire.» Les nouvelles demandes se concentrent sur la nourriture et
l'apparence. Le halal et parfois le cacher sont des sujets de dispute à
la cantine. Certaines entreprises proposent maintenant un plat
végétarien. Les recruteurs sont déstabilisés par la multiplication des
candidates voilées.
«Désislamiser les problématiques»
L'Oréal a récemment embauché une jeune femme diplômée d'une école de
commerce, voilée, pour un poste à responsabilité dans la gestion. «Le
sujet reste sensible», reconnaît-on à la direction. Des responsables du
personnel s'en sont émus, tandis que des salariés du même site ont
demandé à ****ter le voile. Sollicitée comme experte, Dounia Bouzar a
trouvé Mona «taillée pour le poste, avec l'esprit de l'entreprise».
«Les
entreprises doivent montrer qu'elles font des efforts», analyse de son
côté Michel Mine, spécialiste du droit social européen au Cnam. Les
licenciements de femmes voilées ont été validés si un consensus avait
été recherché au préalable. «Les responsables doivent accepter les
aménagements, halal et même le ****t du foulard, qui ne nuisent pas à
l'activité», assure le juriste.
C'est, semble-t-il, la tendance des prochaines années. Mais certains DRH
comme Aline Crépin insistent pour «désislamiser les problématiques» :
«Si Jean-Jacques avait refusé de trans****ter des bonbons durant le
carême, il aurait reçu un avertissement !»
Lire aussi
» INTERVIEW - «J'ai vu des salariés refuser de partager le même
frigidaire !»


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