Est-ce la perspective de la présidence française de l’Union européenne
qui lui donne ainsi des ailes ? Bruxelles a-t-elle peur des réactions de
Paris, encore empêtré dans le « mauvais » résultat du référendum ? Le
fait est que des ratifications aux procédures d’adhésion, tout s’accélère…
Jeudi, le parlement slovaque a réussi à ratifier le traité de Lisbonne,
après plusieurs semaines de blocage lié à un différend politique à
propos d’une nouvelle loi sur la presse. Mais les députés du Parti
hongrois, pourtant membre de l’opposition, ont finalement décidé à
soutenir le texte, ce qui a permis à la coalition gouvernementale
d’obtenir la majorité constitutionnelle requise.
Scénario similaire en Pologne où, après l’approbation parlementaire
obtenue au début du mois, la loi de ratification a été signée, jeudi,
par le président Lech Kaczynski, alors que l’ancien président de la
Diète, Marek Jurek, lui avait demandé d’attendre le résultat du
référendum irlandais à la mi-juin. Le président polonais n’a fait
cependant qu’une partie du chemin, puisqu’il lui reste à signer l’acte
de ratification lui-même, pour que celle-ci devienne effective.
Ce même jeudi, la chambre des députés de Belgique a, elle aussi,
approuvé le traité européen. Il ne reste plus qu’à attendre désormais la
signature – le Sénat ayant déjà donné la sienne le mois dernier – des
cinq assemblées régionales et communautaires du pays, pour que le traité
soit formellement ratifié. Des signatures qui sont généralement perçues
comme de simples formalités…
Turquie
Pour sa part, le président de la Commission européenne s’est rendu, ce
même jeudi, à Ankara, afin de discuter avec le Premier ministre turc
Erdogan de l’état des réformes nécessaires au processus d’adhésion. «
J’encourage la Turquie à aller de l’avant dans le processus de réformes
», a souligné José Manuel Barroso. Une façon on ne peut plus claire de
signifier à Nicolas Sarkozy que son idée de partenariat privilégié n’a
pas les faveurs de Bruxelles.
Barroso a d’ailleurs souligné que, si la Turquie a encore « un long
chemin » et « beaucoup de travail à faire » pour espérer adhérer à
l’Union européenne, elle a déjà fait d’im****tants progrès.
Un encouragement manifeste qui n’a pas manqué de satisfaire le Premier
ministre turc. Recep Tayyip Erdogan a donc répondu qu’il n’existait pas
d’autre solution, pour son pays, qu’une adhésion pleine et entière à
l’Union européenne, et rejeté à nouveau l’idée de partenariat privilégié.
Pour l’heure, Nicolas Sarkozy n’a pas jugé bon de répondre à une
intervention aussi manifeste. Sans doute attend-il le 1er juillet…


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