Carte de famille nombreuse et Sarkozy -- fin perfide de la politique
nataliste
Après un cafouillage tant au gouvernement qu’au sein de la majorité,
Nicolas Sarkozy a donc annoncé que la carte de famille nombreuse serait
finalement maintenue telle quelle financée par l’État. Il n’en a pas
moins continué d’entretenir une confusion suspecte...
Le chef de l’État a donné cette assurance aux représentants
d’associations familiales et de trans****ts, lors d’un entretien à
l’Élysée, en présence du président de la SNCF Guillaume Pepy et des
secrétaires d’Etat Nadine Morano (famille et euthanasie) et Dominique
Bussereau (trans****ts). Le président de la République nous a
«complètement rassurés », a déclaré le président de l’Union nationale
des associations familiales, François Fondard. Pas moi !
Car il a demandé, en outre, que les tarifs sociaux de la SNCF puissent
être étendus aux familles monoparentales et aux familles modestes de
moins de trois enfants, autant de « situations familiales dignes
d’intérêt » qui ne sont pas « prises en compte par le système actuel ».
Au mépris de toute doctrine et de toute cohérence, il a montré ainsi
qu’il se conformait à la nouvelle orientation donnée à la politique
soi-disant familiale, dans le cadre de la Révision générale des
politiques publiques du 4 avril, qui consiste à renforcer la lutte
contre la pauvreté : « L’objectif d’une réduction d’un tiers du taux de
pauvreté en cinq ans conduit à privilégier l’objectif de redistribution
verticale par rap****t à celui de redistribution horizontale. Cela
suppose de questionner systématiquement l’intérêt et l’équité de
prestations ou de dispositifs fiscaux. »
L’objectif de la politique familiale n’est plus vraiment la natalité,
comme viennent op****tunément de le rappeler les évêques et comme ce fut
le cas depuis les années 20, mais « la baisse des inégalités sociales et
l’aide aux femmes qui travaillent, avec surtout l’objectif de faire des
économies », commente la sociologue Jeanne Fagnani (CNRS). Pour qui « le
vrai tournant social serait la mise sous conditions de ressources des
allocations familiales » (selon la proposition du rap****t Attali).
Nicolas Sarkozy n’est donc pas allé « plus loin » que ne le demandaient
les associations familiales, comme le répètent bêtement les gros médias.
S’il a effectivement reculé ponctuellement sur l’absorption quasi-totale
de la politique familiale par la politique sociale, par ce rajout
incongru et démagogique, il continue d’entretenir et d’aggraver
perfidement la confusion entre deux politiques de nature différente (au
détriment de la première).
Dans Le Figaro de samedi, cinq députés (Jean-Frédéric Poisson, Philippe
Gosselin, Françoise Guégot, Philippe Meunier, Isabelle Vasseur) ont
pourtant clairement rappelé la philosophie qui doit guider la politique
familiale avec son principe d’universalité et ses transferts horizontaux
au bénéfice des (vraies) familles nombreuses : « Notre politique
familiale n’est pas un instrument de redistribution des richesses,
contrairement au Québec où les féministes ont réussi à imposer cette
politique sans effet notable sur la natalité qu'elles ne veulent de
toute façon pas favoriser. Elle n’est pas un instrument supplémentaire
de politique sociale, dont profiteraient indûment ceux qui “se
payeraient le luxe” d’élever des enfants, parfois en grand nombre. Elle
ne se confond pas avec une volonté de réduire les inégalités, ce que
font à son côté les systèmes d’aide et d’assistance. Elle reconnaît au
contraire que tous les Français profitent utilement de la présence
d’enfants dans les familles, que cette utilité-là doit être reconnue,
c’est-à-dire partiellement compensée par la solidarité nationale, et par
conséquent prise en charge par l’État ».
Le dévoiement continu de la politique familiale en politique sociale à
des fins économiques et électorales, a pour conséquence de priver la
nation de sa principale richesse qui est l’homme, en dissuadant les
familles d’avoir plus d’enfants. Le but d’une véritable politique
familiale n’est pas de réduire les inégalités mais de financer
publiquement l’investissement dans la jeunesse, et par là de favoriser
les familles nombreuses et la natalité quel que soit le milieu social.
Faire en sorte que ceux qui n’ont pas ou peu d’enfants paient un peu
plus pour les familles chargées d’enfants…


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