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Les enfants de la =?windows-1252?Q?la=EFcit=E9_ath=E9e_=28DP?=

by dlink <dlink@[EMAIL PROTECTED] > Apr 16, 2008 at 02:07 PM

Vive la révolution tranquille !

http://www.lexpress.to/archives/39/


«C’est pas vrai qu’on a tout vu, il y a toujours pire, pire, pire.» Les 
Voleurs d’enfance, le do***entaire coup de poing de Paul Arcand donne le 
ton. Pire, comme ces enfants maltraités, qui, à quatre ans, avec leurs 
mots d’enfants, racontent les sévices qui leur ont été affligés par les 
adultes. Pire, comme ces enfants yo-yo trimballés d’une famille 
d’accueil à l’autre et qui finissent par ne plus savoir qui ils sont. 
Pire, comme ces victimes de maltraitance qui, dans leur enfance, ont été 
enfermées, attachées à un arbre, dans l’indifférence générale de leur 
famille proche.

Ce qui amène le constat criant d’une vérité effrayante et encore 
difficile à croire. En 2005, on traite les animaux mieux que certains 
enfants. D’un bout à l’autre de la chaîne, ils sont les victimes d’un 
système censé les protéger. Quand, sur grand écran, le spectateur voit 
défiler en accéléré la vie de ces enfants abusés, à qui l’on n’a jamais 
accordé l’aide nécessaire, il ne peut s’empêcher de crier à l’injustice. 
Révolte et sentiment de haut-le-cœur garantis.

Charge vigoureuse contre la Direction de la protection de la jeunesse 
(DPJ) au Québec; le do***entaire de Paul Arcand n’est certes pas 
parfait, mais a le mérite d’exposer une situation encore trop souvent 
méconnue du grand public. Ils n’ont rien fait et pourtant, ces jeunes 
victimes paieront toute leur vie pour la maltraitance perpétrée par un 
autre.

Pendant ce temps-là, bien au chaud dans leur cellule, les abuseurs 
bénéficient d’un confort relatif et d’un bon encadrement à leur sortie 
du pénitencier – chose dont les victimes de maltraitance seront privées 
tout au long de leur existence.

Le luxe du temps

Pour travailler sur ce projet, Paul Arcand a pu bénéficier de plusieurs 
mois pour effectuer ses recherches. Une différence, voire même un luxe, 
par rap****t au quotidien de la plupart des journalistes voués à 
travailler dans l’urgence. Sur ordre de la productrice Denise Robert, 
armé d’une caméra sur l’épaule, il est donc allé inspecter le terrain 
pour revenir avec ce do***entaire choc.

Au sujet de la maltraitance, le réalisateur n’en n’était pas à son 
premier coup d’essai. «J’avais déjà fait des entrevues à ce propos pour 
la télé et la radio», explique Paul Arcand, en entrevue depuis Montréal. 
«Je trouvais qu’il y avait de plus en plus de cas d’enfants victimes de 
mauvais traitements. Lors de mes propres re****tages, je me sentais un 
peu frustré. Une entrevue pour la télé ou la radio dure une demi-heure, 
ça limite forcément, justifie-t-il. [Avec ce do***entaire], je trouvais 
que c’était vraiment l’occasion de prendre un an ou plus pour fouiller 
ce dossier. Pendant les entrevues, j’ai pris le temps d’écouter les 
victimes. On a vraiment pu bâtir un climat, établir une relation de 
confiance avec eux.»

Un sujet encore tabou

Les témoignages recueillis sur fond de musique lancinante n’en sont que 
plus percutants. Les mauvais traitements font chez les enfants plus de 
victimes que le cancer. Alors pourquoi est-ce qu’on en entend encore si 
peu parler?

«À Montréal, il y a une croissance de nombre de signalements pour 
l’ensemble des cas de maltraitance des enfants, estime le réalisateur. 
En revanche, la loi du silence existe toujours. Le sujet de la 
maltraitance nous ramène à notre passé comme société. Ce n’est pas 
l’affaire d’une génération, mais bien l’affaire de plusieurs générations 
de Québécois. De se faire dire cette réalité-là, c’est difficile. C’est 
pour ça que je pense qu’il y a une espèce d’inconfort face à ce sujet.»

Dans son do***entaire, Paul Arcand dénonce les problèmes allant de pair 
avec l’application de la Loi sur la protection de la jeunesse qui, selon 
lui, fait plus de mal qu’elle ne protège véritablement.

«Les choses qu’on a soulevées dans le do***entaire sont toujours bien 
réelles. Le ballottage d’enfants existe toujours, les enfants qui, à 18 
ans, sont jetés à la rue, ça existe encore, de même que la surmédication 
des jeunes et les travailleurs sociaux qui ont plus de 20 cas d’enfants 
à leur charge», fait-il valoir.

La maltraitance passée au crible

Dans la première partie des Voleurs d’enfance, on voit un pédophile se 
confier à la caméra, puis Nathalie Simard revenir sur les abus dont elle 
a été victime durant ses jeunes années. Le do***entaire montre ensuite 
des victimes d’abus ***uels qui retournent dans la maison de leur 
enfance, dans un effort de confronter le passé. En même temps, d’autres 
séquences filmées viennent souligner les ratés de la DPJ, l’élégance des 
bureaux du centre-ville de Montréal face à la pauvreté apparente des 
Centres jeunesse.

Pédophilie, ex-enfant-star abusée, DPJ: on saute parfois d’un sujet à 
l’autre. Pourquoi Arcand n’a-t-il pas choisi de concentrer son film sur 
la DPJ plutôt que de vouloir tout dire, tout montrer?

«Je voulais illustrer ce qu’était la maltraitance. Je ne voulais pas 
faire un film témoignage ou un film sur le système», répond ce dernier. 
«Je voulais dire: “voici, il y a encore des enfants qui sont maltraités 
au Québec en 2005 et voici jusqu’où peut aller l’horreur. Voici comment 
les gens qui abusent des enfants sont traités dans le système, notamment 
les pédophiles.” Une fois qu’on a tout dit, qu’on en a conclu qu’il faut 
sortir les enfants de leur maison, on les envoie où et qui s’en occupe? 
C’était vraiment im****tant pour moi de montrer tous les aspects de la 
question.»

De grosses ficelles

Avant même sa projection en salles, Les Voleurs d’enfance a déclenché au 
Québec un véritable raz-de-marée médiatique, du jamais vu pour un 
do***entaire québécois.

Depuis sa sortie, on a accusé le long-métrage de manquer de nuances, 
d’utiliser des méthodes simplistes et démagogiques en abreuvant le 
spectateur d’approximations et de déclarations-chocs.

Et il est vrai que Paul Arcand n’y va pas avec le dos de la cuillère, 
utilisant les grosses ficelles du montage et les rouages de l’émotion 
facile pour faire valoir son point de vue.

Dans une scène digne d’un Michael Moore, le réalisateur entraîne 
Margaret Delisle, ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, dans 
une chambre d’isolement. Elle n’en n’a jamais vu une de sa vie, 
admet-elle naïvement, alors que quelques mois plus tôt, un rap****t de 
l’ONU condamnait l’usage abusif de ces mêmes chambres.

Visiblement, la ministre n’est pas très à l’aise dans ce nouvel endroit. 
À l’écran, un chronomètre superposé à l’image compte les secondes. Au 
bout d’une minute 15, Mme Delisle choisit de quitter la minuscule 
chambre. Elle est ministre, elle a le choix – pas les jeunes qui sont 
laissés en isolement pendant des heures. Le message du réalisateur, si 
démagogue soit-il, est ici néanmoins simple et efficace.

Point de vue d’auteur

À ce sujet, Paul Arcand revient sur la définition même du do***entaire 
qui correspond pour lui davantage à un point de vue d’auteur qu’à un 
re****tage objectif.

«Donner son point de vue, ça ne veut pas dire n’im****te quoi, fait 
valoir le principal intéressé. Ça veut dire voir une réalité comme moi 
je l’ai vue pendant un an et dire: “voici les faits et voici ce que j’en 
pense.” Maintenant, qu’on me dise qu’il y a pas de nuances, c’est vrai 
et faux. Il y a quand même un cas dans le film où la famille d’accueil a 
fait un travail correct. Enfin, je ne suis pas là pour dire que tout va 
bien. C’est pour cela qu’on a fait le do***entaire de cette façon», 
explique Paul Arcand.

Mais au final, est-ce après tout si mal que ça? À en juger par les 
images qui défilent sur l’écran, il y aurait véritablement urgence et, 
alors, la fin nécessiterait très certainement les moyens.

Dans ce cas, le recours au sensationnalisme et à l’émotion facile aurait 
sa place, si et uniquement si, la démarche du réalisateur vise à 
rappeler aux décideurs et au public la place de l’enfant dans la société 
actuelle.

Les Voleurs d’enfance sort dans les salles à Toronto le 4 novembre.
 




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Les enfants de la =?windows-1252?Q?la=EFcit=E9_ath=E9e_=28DP?=
dlink <dlink@[EMAIL PR  2008-04-16 14:07:55 
Re: Les enfants de la =?ISO-8859-1?Q?la=EFcit=E9_ath=E9e_=28?=
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Re: Les enfants de la =?ISO-8859-1?Q?la=EFcit=E9_ath=E9e_=28?=
dlink <dlink@[EMAIL PR  2008-04-16 16:32:41 

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