Pour suivre le voyage du pape aux Etats-Unis avant d’avoir les textes de
ses discours, on se re****tera, comme hier, à e-deo.
Ce qui me frappe est son insistance sur la vérité, et sa façon d’amener
son auditoire à prendre au sérieux le fait que la vérité est le Christ.
Son discours aux représentants des autres religions était remarquable de
ce point de vue. Benoît XVI commence par se féliciter de la tradition
américaine d’entente et de liberté entre les fidèles des diverses
religions, ainsi que des programmes de dialogue interreligieux et
interculturel, puis il lâche que « le but plus large du dialogue est de
découvrir la vérité » sur l’origine et la fin de l’humanité, le bien et
le mal. Puis il dit que sur ce « forum du dialogue interreligieux » le
christianisme ap****te Jésus, « le Logos éternel qui est devenu chair
pour réconcilier l’homme avec Dieu et révéler la raison profonde de
toutes choses ». Et il ajoute que si nous voulons la paix, « nous devons
aussi écouter attentivement la voix de la vérité ». « Notre dialogue ne
doit pas s’arrêter à l’identification d’un ensemble commun de valeurs,
mais doit continuer jusqu’à trouver leur fondement ultime. Nous n’avons
pas de raison d’avoir peur, car la vérité dévoile pour nous la relation
essentielle entre le monde et Dieu. Nous sommes capables de percevoir
que la paix est un “don céleste“ qui nous presse à conformer l’histoire
humaine à l’ordre divin. C’est-là que réside la “vérité de la paix“. »
Dans son discours aux éducateurs catholiques, il proclame d’emblée que «
d’abord et avant tout une institution éducative catholique est un lieu
où rencontrer le Dieu vivant qui révèle en Jésus-Christ son amour et sa
vérité transformante ».
Cette « dynamique entre rencontre personnelle, savoir et témoignage
chrétien fait partie de la diaconie de la vérité que l’Église exerce au
sein de l’humanité ». « La révélation de Dieu offre à toute génération
l’occasion de découvrir la vérité définitive sur sa propre vie et le but
de l’histoire. » Et la vérité doit « imprégner chaque dimension de ces
institutions », pour que l’Évangile guide l’étudiant comme l’enseignant
« vers la vérité objective qui, en transcendant le particulier et le
subjectif, pointe vers l’universel et l’absolu qui nous permet de
proclamer avec confiance l’espérance qui ne déçoit pas ».
Et bien entendu le pape revient ensuite sur l’articulation entre liberté
et vérité :
« La liberté n’est pas un désengagement [opting out]. C’est un
engagement choisi [opting in] - une participation à l’Être lui-même.
Ainsi la liberté authentique ne peut jamais être atteinte en se
détournant de Dieu. Un tel choix manquerait finalement la vérité même
dont nous avons besoin pour nous comprendre nous-mêmes. »
Ce qui débouche sur la symphonie foi et raison, vérité et liberté :
« C’est seulement dans la foi que la vérité devient incarnée et que la
raison devient vraiment humaine, capable de diriger la volonté suivant
la voie de la liberté. »
« La vérité signifie plus que la connaissance : connaître la vérité nous
mène à découvrir le bien. La vérité parle à l’individu dans son
entièreté, l’invitant à répondre avec son être total. Cette vision
optimiste se trouve dans notre foi chrétienne parce que cette foi s’est
vue accordée la vision du Logos, la raison créatrice de Dieu, qui en
l’Incarnation s’est révélée comme la Bonté elle-même. »
Admirable.
NB. Je vois que tous les textes des discours prononcés jusqu'à
maintenant sont aujourd'hui sur le site du Vatican, en anglais, italien
et espagnol. Espérons qu'ils soient aussi traduits en français, même si
nous ne le méritons pas...


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