"judicieusement, une histoire de coeur et de corps fait disjoncter ce film
noir posé sur une banlieue aux teintes gris-bleu-néon-béton, à laquelle le
métissage donne des couleurs"
(trailer) http://uk.youtube.com/watch?v=T3DXBbUoqa0
=> Lu sur :
http://www.parismatch.com/parismatch/match-guide/match-cinema/un-roman-policier-de-stephanie-duvivier/(gid)/22922
> Depuis plusieurs semaines, une petite mamie arabe (Kheira Benyamina
> Bachir, magnifique) observe de la fenêtre de son HLM l'étrange manège
> nocturne d'hommes encagoulés qui sortent des sacs des coffres de leurs 4
x
> 4.
>
> Au grand dam de sa fille Fati (Hiam Abbass, épatante), qui tient un
> petit bistrot, la vieille dame se rend au commissariat pour faire part
de
> ses inquiétudes.
>
> Emilie, la lieutenant de police (Marie-Laure Descoureaux), n'est pas
> chaude pour lancer ses hommes dans ce type d'affaire. Malheureusement,
> dynamisée par Jamil (Abdelhafid Metalsi), une nouvelle recrue gonflée à
> bloc, elle décide de passer à l'action. Mais l'opération tourne à la
> fusillade. Echappant de justesse à la mort, Jamil et sa chef
décompensent
> en se jetant dans les bras l'un de l'autre. Une étreinte non préméditée
> qui les laisse pantois et déstabilisés. Emilie, qui est en pleine remise
> en question conjugale, devient la proie de son désir pour Jamil.
Bientôt,
> la relation entre la gradée et son subordonné se dégrade...
>
> Voilà le genre de sujet glissant qui ferait déraper bon nombre de
> réalisateurs dans le téléfilm à écran plat. Mais Stéphanie Duvivier
donne
> un relief particulier à son « Roman policier » en trempant sa plume
> cinématographique dans la même encre que le do***entaire. De ses
> entretiens avec des policiers, la cinéaste a tiré une vérité et une
> authenticité qui placent d'emblée son film dans la catégorie des polars
> sociaux collés au réel comme « L627 » de Bertrand Tavernier ou « Le
petit
> lieutenant » de Xavier Beauvois. Des références. Ici, les flics ne
jouent
> pas les cow-boys. La trouille traverse sans peine les gilets pare-balles
> pour faire imploser les cours qui battent la chamade sous les uniformes.
> Les stress du métier, les antidépresseurs qu'on avale pour tenir jusqu'à
> la retraite, la routine, tout ce mal-être suinte du film comme des murs
> souillés d'une salle de dégrisement. Mais judicieusement, une histoire
de
> coeur et de corps fait disjoncter ce film noir posé sur une banlieue aux
> teintes gris-bleu-néon-béton, à laquelle le métissage donne des
couleurs.
> Hors des canons de beauté en vigueur chez les héroïnes formatées,
> Marie-Laure Descoureaux impose sa crédibilité dans le rôle complexe d'un
> officier de police entre deux âges qui, malgré la tourmente intérieure
qui
> l'engloutit, tente de maintenir son autorité. Tout comme Abdelhafid
> Metalsi, impeccable et impliqué, elle mérite de prendre du galon dans le
> cinéma. Saluons la présence d'Olivier Marchal dans le rôle plus
stéréotypé
> d'un vieux briscard des stups, alcoolique et dépressif. On peut toujours
> trouver quelques fautes de frappes dans ce « Roman policier », comme
dans
> une déposition tapée par un brigadier. Mais ces imperfections ajoutent
> encore au sentiment de réalité de ce film qui mérite d'être gardé à vue.


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