L'éditeur allemand d’un récit autobiographique consacré au destin d’une
enfant-soldat en Erythrée a reconnu que le livre contenait une « erreur
regrettable », et accepté de payer un dédommagement à une Erythréenne
présentée dans ce récit sous un jour négatif.
La polémique concerne Cœur de feu, j‘étais une enfant soldat (qui vient
de paraître en France aux éditions L’Archipel), dans lequel la jeune
chanteuse allemande d’origine érythréenne Senait Mehari raconte comment
elle a été enrôlée de force, au début des années 1980 alors qu’elle
avait environ cinq ans, dans un mouvement de guérilla indépendantiste
combattant les forces éthiopiennes. Depuis le début de l’année, le livre
faisait l’objet d’une plainte devant la justice allemande, de la part
d’une Erythréenne s’estimant diffamée parce qu’elle est décrite dans le
livre comme ayant été l’instructeur militaire de Senaït Méhari.
Or, la société munichoise Doemer, qui édite le livre en Allemagne, a
annoncé qu’elle donnait raison à la plaignante, et qu’elle avait conclu
avec elle un accord à l’amiable qui passerait par le versement d’une
indemnisation.
La requérante (qui n‘était pas évoquée sous son nom dans le livre), «n’a
pas commandé un camp d’instruction pour enfants soldats, et n’a pas non
plus fait exécuter des enfants. De plus, elle était elle-même une
écolière de 12 ans », indique l‘éditeur. C’est ce qu’il appelle « une
erreur regrettable »…
Depuis plusieurs mois, la presse allemande s‘était fait l‘écho de
certains témoignages mettant en doute l’authenticité du récit de Senaït
Méhari. Selon ces témoignages, la fillette avait certes été confiée à un
mouvement de guérilla, mais elle y avait reçu un enseignement de type
scolaire, et n’y avait ni subi un entraînement militaire ni pris part à
des combats.
Le livre a récemment fait l’objet d’une adaptation au cinéma, réalisé
par l’Italien Luigi Falorni. Le film, titré en allemand Feuerherz, comme
le livre, a été présenté en compétition en février au festival
international de cinéma de Berlin, et doit sortir sur les écrans
allemand à l’automne.


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