.... dans une guerre, la quantité l'em****te souvent sur la qualité, comme
la Luftwaffe l'avait appris à ses dépens dès 1941, lorsque les pilotes
allemands, bien que disposant de meilleures tactiques et de meilleurs
avions que leurs adversaires, et détruisant quatre à cinq fois plus
d'avions russes qu'ils n'en perdaient eux-mêmes, avaient été incapables
de conquérir la maitrise du Ciel.
Cette amère leçon, l'Aviation de la Marine et de l'Armée de Terre
japonaise la découvrit à son tour dès 1943 : bien que possédant des
appareils de plus en plus performants, les pilotes nippons s'avéraient
de moins en moins efficaces contre un adversaire qui, ayant appris de
ses erreurs, était désormais en mesure d'aligner de meilleurs avions
qu'au début de la guerre, mais surtout d'en aligner bien davantage qu'eux.
On ne peut rien contre l'arithmétique : en 1942, les Japonais
produisaient moins de 9 000 avions de combat par an, et les
Américains... près de 48 000 (c-à-d cinq fois plus). En 1944, avec 28
000 appareils, la production japonaise avait certes triplé, mais celle
des États-Unis atteignait désormais 96 000 avions par an. Du 1er janvier
1945 jusqu'à la Capitulation, l'industrie japonaise, sous l'effet
dévastateur des bombardements américains, ne fut en mesure que de
fabriquer 11 000 avions alors que sa rivale américaine, qui n'avait
aucun bombardement à redouter, en livra 48 000 (à nouveau cinq fois plus).
Même en tenant compte de l'engagement américain en Europe, qui
accaparait environ 50 % de la production, les Japonais ne disposèrent
donc, à aucun moment de la guerre, de la supériorité numérique sur leurs
adversaires.
Encore ces chiffres eux-mêmes sont-ils trompeurs. D'abord parce qu'ils
ne disent rien du niveau qualitatif de plus en plus faible - faute
d'entraînement - des pilotes japonais, et du nombre de sorties de moins
en moins élevé - faute de carburant - de leurs appareils. Ensuite parce
qu'ils dissimulent une réalité souvent négligée par les historiens et
les comptables, pour qui rien ne ressemble plus à un "avion" qu'un autre
"avion" : il faut bien plus de temps et de moyens pour construire un
gros bombardier qu'un petit chasseur monomoteur.
En 1942 déjà, les Américains fabriquaient près de 10 000 bombardiers
moyens et lourds, et les Japonais moins de 2 500, méritant tout au plus
le qualificatif de "moyens". Durant les huit premiers mois de 1945, les
Américains en fabriquèrent encore plus de 11 000 (dont plusieurs
milliers de "super-bombardiers" Boeing B-29) et les Japonais moins de 2
000.
Tout au long de la guerre, l'industrie aéronautique américaine livra
donc quatre à cinq fois plus de bombardiers - et des bombardiers bien
plus lourds et performants - que sa rivale japonaise, par conséquent
condamnée à périr sous leurs bombes
(http://bp3.blogger.com/_VsNSi_tHDW4/SAVB61chSfI/AAAAAAAABWM/2n8E4PIjCXc/s1600-h/1872.jpg).
--
Saviez-vous que... : http://diberville.blogspot.com/
Le blogue-notes de Diberville : http://diberville.livejournal.com/
Un monde fou, fou, fou : http://diberville2.wordpress.com/
"Davon geht die Welt nicht unter, sieht man sie manchmal auch grau".


|