.... en 1943, le Haut Commandement japonais se contentait encore de prier
ses avionneurs qu'ils lui fournissent de meilleurs appareils.
En 1944, il se mit à réclamer - et en 1945 à exiger - la livraison
immédiate, et en quantités industrielles, d'un authentique miracle
aérien, c-à-d d'un engin dont la supériorité serait-elle qu'elle
compenserait à elle seule la cruelle loi du plus grand nombre.
Pour les avionneurs nippons, le défi était d'autant plus considérable
qu'on leur demandait, dans le même temps, de continuer à produire des
appareils conventionnels à une cadence toujours plus grande.
Pour accoucher d'un miracle, il fallait nécessairement innover, en
s'affranchissant de toutes les habitudes et conventions en matière de
conception des cellules. Il fallait surtout disposer d'une puissance
motrice largement supérieure à tout ce qui existait jusque-là.
Pour les motoristes, qui s'étaient trop longtemps contenté de copier ce
qui existait ailleurs et étaient à présent surchargés de commandes,
c'était assurément trop demander, ce pourquoi ils se tournèrent tout
naturellement vers leurs collègues allemands, à qui le régime nazi avait
depuis longtemps exprimé semblable exigence.
Depuis le début de la guerre, les sous-marins allemands et japonais
n'avaient cessé de faire la navette entre les deux bastions du fascisme,
livrant en Allemagne des matières premières (comme le caoutchouc) que le
Japon avait arraché aux pays conquis, et ramenant au Japon divers
produits manufacturés, comme des canons de 20mm pour avions ou même des
avions entiers...
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