.... en tombant dans le piège japonais, et en lançant l'essentiel de ses
forces à la poursuite des navires d'Ozawa, l'amiral Halsey n'a laissé
devant Leyte qu'une légère force d'appui, composée essentiellement de
quelques vieux cuirassés rescapés de Pearl Harbour qui, ironiquement,
vont bientôt écrire une des pages les plus glorieuses de l'US Navy
alors que leurs plus jeunes et bien plus puissants successeurs ne feront
que s'époumoner en vain à la poursuite des bâtiments japonais .
Averti de l'arrivée imminente des cuirassés de Nishimura, l'amiral
Oldendorff a disposé au mieux, par le travers du détroit de Surigao, les
navires dont il dispose, et notamment tous les destroyers et vedettes
lance-torpilles qu'il a pu réunir. De fait, quand les forces de
Nishimura (deux cuirassés et un croiseur lourd) s'y présentent, vers
22H30, c'est pour y être accueillies par le tir des vedettes, puis des
destroyers américains.
A 03H50, le cuirassé Fuso explose, mais l'amiral Nishimura,
imperturbable, continue d'avancer vers la ligne invisible des vieux
cuirassés américains qui, grâce à leurs radars, l'ont repéré depuis
longtemps.
Vingt minutes plus tard, ceux-ci ouvrent un feu d'enfer sur le cuirassé
Yamashiro, qui se retrouve rapidement la cible de plusieurs centaines
d'obus de 356 et 406mm (!) Brûlant bientôt d'un bord à l'autre, le
Yamashiro chavire à 04H20, entraînant dans la mort la quasi-totalité de
son équipage (ainsi que l'amiral Nishimura lui-même), et salué par une
dernière salve du Mississipi
(http://bp3.blogger.com/_VsNSi_tHDW4/SBZkSYMqf0I/AAAAAAAABYM/O9wfixpJ-68/s1600-h/1887.jpg),
une bordée complète des douze pièces, dont l'historien Samuel Morrison
dira qu'elle constitua "la salve saluant les funérailles d'une époque
révolue des combats navals".
Quatre-vingt-deux ans après la première bataille des cuirassés à Hampton
Roads, le Yamashiro venait d'entrer dans l'Histoire comme le dernier
cuirassé détruit au combat par les obus d'un autre cuirassé...
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