Un intervenant du Forum socialiste ayant demandé si le député européen
irlandais Kathy Sinnot était contre le traité de Lisbonne, un autre
intervenant a répondu par l’affirmative, en renvoyant à un commentaire
laissé par Craig sur le blog d'Yves Daoudal.
Un troisième intervenant s’est alors offusqué qu’on puisse évoquer
favorablement Kathy Sinnot, qui ose se battre « contre la Commission
pour maintenir les discriminations à l'embauche sur critères religieux
». Il y avait un lien vers le site du Parlement européen, où en effet il
y a une question écrite de Kathy Sinnot, en date du 2 avril dernier,
concernant les « discriminations à l'embauche sur critères religieux »,
à savoir le fait que les écoles, les hôpitaux et les services sociaux
catholiques embauchent des catholiques.
Kathy Sinnot ne craint pas de justifier cette « discrimination », sans
jamais employer le mot, car elle montre qu’il s’agit d’une pratique
normale. Elle le fait en utilisant la rhétorique de l’idéologie
officielle, c’est-à-dire en partant du « droit du consommateur » (car
les catholiques n’ont aucun droit). C’est fait avec tant d’habileté que
cela vaut d’être reproduit.
J'ai cru comprendre que la Commission a envoyé une lettre
d'avertissement à l'Irlande et qu'elle pourrait engager une action à son
encontre au titre des dispositions législatives qui permettent aux
écoles, hôpitaux et services sociaux dirigés par l'Église de
sélectionner les candidats à un emploi en fonction de leurs convictions
religieuses.
Les clients et les consommateurs choisissent souvent les services de ces
institutions en raison de leurs convictions déclarées. Par exemple, les
parents sélectionnent soigneusement les écoles et universités de leurs
enfants. Ils payent à l'établissement des frais de scolarité conséquents
afin que leur enfant soit éduqué dans un environnement dans lequel le
corps enseignant et autres membres du personnel adhèrent à certaines
croyances; les parents souhaitent que leur enfant soit exposé à la
philosophie qu'ils ont choisie. De même, les patients qui doivent être
hospitalisés peuvent avoir des convictions religieuses ou des
préoccupations éthiques concernant les pratiques médicales, et ainsi
délibérément choisir un hôpital où le personnel partage ces croyances
religieuses. Dans ces deux exemples, les parents, l'enfant et le patient
sont consommateurs d'un service.
La Commission est-elle d'avis que ces consommateurs ont droit aux
services qu'ils ont sélectionnés et qu'ils payent dans la plupart des
cas? Si une institution se qualifie de musulmane, chrétienne, juive,
catholique, humaniste, etc., le consommateur n'est-il pas en droit de
s'attendre à ce que le contenu soit conforme à l'étiquette?
Si les institutions dirigées par l'Église sont obligées d'engager des
personnes qui n'adhèrent pas à la même croyance, à tout le moins dans
les domaines du service dans lesquels cette croyance présente un intérêt
direct, cela ne constitue-t-il pas une violation des droits des
consommateurs, comme le principe de transparence en matière de la
publicité par exemple?
On attend avec intérêt la réponse de la Commission.
Notons aussi que Kathy Sinnott milite contre l'avortement et contre la
recherche sur les cellules souches embryonnaires. Elle vient d'être élue
(hier 7 mai) co-présidente du groupe ID (indépendance/démocratie) en
remplacement de Jens Peter Bonde.


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