On Fri, 09 May 2008 09:40:49 +0000, MOQTADA AL-BOLUDOVSKY wrote:
> Bonjour à tous,
>
>
> Je vous envoie cea menssage de Mons en Belgique. J'y suis
> arrivé hier 26 avril 2008 peu après minuit et après avoir
> été expulsé violemment du vol de SN Bruxeles Air Lines à
> destination de Kinshassa via Douala et gardé en cellule à
> l'aéro****t de Bruxelles de 11:00 à 22:00 sans manger, ni
> boire et sans pouvoir contacter ma famille.
>
>
> Petit compte rendu:
>
>
> Nous sommes le 26.04.2008, je me rends au Cameroun pour mes
> vacances. Je pars de Clichy à 5:30 en taxi pour CDG1. Je
> pars de Paris à 7:40 pour Bruxelles avec un vol SN Bruxelles
> Air Lines et doit prendre la correspondance pour Douala à
> 10:40 à l'aéro****t de Bruxelles.
>
> Lors de mon entrée dans l'avion entre 10:00 et 10:45, je
> suis bien accueilli par les hôtesses, je vais rejoindre mon
> siège, le N° 41H qui se trouve vers le fond de l'avion, à 5
> ou 6 rangées de mon siège. Lorsque j'y arrive, il y a au
> fond de l'engin à la dernière rangée des hommes habillés en
> tenue grise et qui essayent de maitriser un homme de couleur
> noire. Celui-ci se débat et crie : « Au secours, laissez
> moi, je ne veux pas partir». Les hommes en gris essaient de
> l'empêcher de parler en l'étouffant. Le jeune homme se débat
> comme il peut et continue de crier car il y a sur lui 4
> colosses en gris. D'autres policiers en civile ont établis
> un périmètre de sécurité et personne ne peut aller vers le
> lieu du drame qui se déroule sous nos yeux.
>
> Je me rends compte que c'est une expulsion, l'homme que l'on
> expulse est toujours maitrisé et étouffé et pousse des cris
> que l'on n'entend plus bien.
>
> Je me souviens alors de Semira Adamu, une jeune nigériane
> qui était morte en septembre 1998, il y a 10 ans lors d'une
> expulsion similaire à celle qui se déroule sous mes yeux
> dans un avion Sabena. Que dois-je faire ? Rester sans rien
> dire comme les autres ? Agir ?
>
> En tant que militant des droits de l'homme et des étrangers,
> je me lève, interpelle l'hôtesse la plus proche de moi
> proteste en lui disant fermement et à voix haute que ceci
> est un vol commercial et que je ne saurais voyager dans ces
> conditions. D'autres passagers jusque là restés calmes se
> lèvent et protestent à leur tour. Je filme comme d'autres
> passagers la scène avec mon appareil photo. Devant cette
> protestation générale, les hommes en gris quittent l'avion
> avec leur passager. Quelques minutes plus tard, des
> policiers montent dans l'avion, trois personnes sont
> désignées par les policiers en civil, je suis parmi elles.
> Les policiers nous demandent de quitter l'avion, lorsque je
> pose la question pourquoi, ils se jettent sur moi, menottes
> aux mains, coups par ci par là, je saigne, je suis trainé
> dans les couloirs de l'avion et puis dans les escaliers
> avant d'être jeter dans un fourgon de la police sans mes 2
> valises en soute et ma petite valise de cabine. J'ai
> quelques bobos sur le visage et les mains blessées par les
> menottes. De ce fourgon, je remarque qu'une policière a mon
> appareil photo dans la main et visionne certainement mon
> petit film de la scène de l'avion. Une dure et longue
> journée commence pour moi sous les insultes et les
> maltraitances des policiers qui m'emmènent au cachot de
> l'aéro****t de Bruxelles. A 13:35 la police nous libère, nous
> sommes 2 à ce moment un autre camerounais qui était dans la
> bande des trois expulsés et moi. Je n'ai plus vu le
> troisième, un homme de couleur blanche.
> Au moment de notre libération, la police nous informe que
> nous ne voyagerons plus pendant les six prochain mois avec
> la compagnie SN Bruxelles Air Lines. A la question de savoir
> comment nous allons faire pour nous rendre au Cameroun, la
> police nous renvoie vers la compagnie.
> Avec mon compagnon d'infortune, nous nous y rendons. Nous
> demandons à rencontrer l'un des responsables de la
> compagnie, on nous indique que le responsable de la sécurité
> de la compagnie arrivera bientôt. Nous patientons, j'ai une
> pensée pour ma petite fille qui m'attend à Douala avec
> impatience et enthousiasme et qui certainement sera très
> déçue de ne pas me voir. Je suis en colère, très en colère.
> La responsable de sécurité de la compagnie arrive et nous
> informe que nous avons tous les 2 étés fichés dans la liste
> noire (pas blanche) de la compagnie et ne pourrons plus
> voyager avec elle pendant les 6 prochains mois. Je lui
> demande alors comment nous faisons dans ce cas pour arriver
> à Douala. Elle m'indique que c'est à nous de voir et que la
> compagnie ne nous remboursera pas. Après ces mots, ma colère
> monte, mon ton aussi, je signale a cette dame que je n'ai
> pas de problème si je ne voyageais plus jamais avec SN
> Bruxelles Air Line, mais que je souhaite rentrer à Paris et
> surtout me faire rembourser car la compagnie n'a pas rempli
> son contrat. Mon ton est haut mais courtois les passants
> nous regardent, la dame appelle la police qui vient et me
> ramène cette fois seul au cachot. J'y resterais jusqu'à
> 22:00 sans manger, ni boire et ni contacter ma famille.
> Mon neveu qui habite Mons est contacté et arrive avec son
> épouse entre 21:00 et 22:00. Les policiers m'informent de
> leur présence et m'indiquent que je suis libre de rentrer
> avec eux. Je leur dis que je ne comprends pas pourquoi j'ai
> été en cellule toute la journée dans ces conditions et que
> je ne souhaite pas la quitter avant qu'une solution ne soit
> trouvée à mon problème : partir à douala ou rentrer sur
> Paris et être remboursé. Des explications se font de part et
> d'autres, les policiers souhaitent que je quitte la cellule
> et moi je souhaite y rester, ce qui visiblement ne les
> satisfait pas. Les policiers décident donc de me sortir de
> la cellule par la force, me remettent mes affaires, je
> refuse de les prendre. L'un d'entre eux me menace, me tient
> par le cou et me pousse hors de leurs bureaux et me balance
> mes affaires sur la figure, je m'en vais sans les ramasser.
> Mon neveu et son épouse me rejoignent je suis une fois de
> plus en colère, très en colère de tout ce qui se passent. Je
> leurs demande de rentrer à la maison, ils refusent évidemment.
> L'épouse de mon neveu va voir l'un des policiers qui lui
> donne mes affaires et des informations sur les démarches que
> je devrais faire. Elle revient avec mes affaires, il y
> manque mes lunettes de soleil Ray Ban et en plus la vidéo de
> la scène dans l'avion a été effacée de mon appareil photo,
> sûrement par les policiers qui m'ont interpelé. Une preuve
> vient d'être détruite, heureusement pas toutes car d'autres
> passagers ont filmé la scène. Je suis toujours en colère,
> très en colère, je pense à ma petite fille pour qui j'ai
> exceptionnellement pris mes congés, je suis en colère parce
> que ces derniers jours ont été éprouvants
> professionnellement, physiquement et moralement. Je suis en
> colère, très en colère parce que je suis du genre calme,
> courtois et surtout pas violent. Or toute cette journée,
> j'ai été traité avec mépris et violence parce que j'ai été
> un moment la bouche d'un malheur qui n'avait point de
> bouche, parce qu'en protestant dans l'avion, je suis allé au
> secours d'un être humain qui était maltraité et qui
> demandait du secours.
> Je suis en colère parce que je suis fatigué et que je
> souhaitais prendre quelques semaines de repos et aller
> passer du temps avec ma petite fille. Je ne sais pas quand
> et comment je me rendrai au Cameroun. Je ne sais pas au
> moment où je vous écris où sont mes valises.
> Avec patience mon neveu et son épouse m'ont convaincu de les
> accompagner chez eux à Mons. Nous avons demandé une
> attestation indiquant que j'étais en cellule de 11:00 à
> 22:00, le policier de faction a eu la gentillesse de m'en
> donner une en Néerlandais. Nous sommes arrivés à Mons peu
> après minuit. J'avais des douleurs partout, sur le visage,
> les bras, les doigts au dos et une très grosse faim, j'ai
> mangé sans appétit et je suis allé me coucher.
> Ce matin, je suis un peu plus calme, j'ai encore quelques
> douleurs aux doigts, aux bras et au visage. Je vais me
> rendre à Bruxelles pour me faire signifier officiellement
> que je suis sur la liste NOIRE de la compagnie, que je ne
> voyagerai plus avec cette compagnie et que je ne serai pas
> remboursé. J'espère également retrouver mes valises dans
> l'état où je les avais confiés à la compagnie. Une autre
> dure journée va commencer, comment se terminera-t-elle ? Je
> n'en sais pas grand-chose pour le moment.
> Je peux simplement préjuger qu'elle ne sera pas facile car
> je ne compte pas laisser passer cette histoire sans réagir.
> Je vais faire un appel à témoins et engager une action
> contre SN Bruxelles Air lines. On en reparlera.
>
> Sur ce, je vous souhaite un bon et agréable dimanche.
> Prière diffuser largement ce message.
> A bientôt ! Et mon combat continue.
>
>
> /*Serge N FOSSO*/ */
> /+33626710385//*
--
Maurice (fu2 soc.culture.belgium)


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