*Contradictions Rennaises.*
Dans un article du journal Libération paru le 14 Décembre dernier, Jean
Yves Le Drian déclare que "la Bretagne peut devenir un autre tigre
celtique, un moteur de croissance pour la France et l'Europe comme
nombre d'autres régions de France". Après avoir affirmé que les temps où
notre pays ex****tait "ses Bécassines", pour le plus grand bonheur des
riches Parisiens, étaient révolus - ce que nous lui accorderons bien
volontiers - notre président régional célèbre à l'envie le présent, dont
le défilé de la Breizh Touch en Septembre dernier à Paris serait la plus
emblèmatique preuve de réussite et justifierait pleinement à ses yeux la
pleine reconnaissance , je le cite: "de régions fortes dans un État
fort". Un État régulateur capable de contrer l'hyperconcentration des
moyens financiers, stratégiques et humains sur la mégalopôle parisienne,
condition sine-qua-non pour faire émerger des régions adultes. Jusqu'ici
nous ne pouvons qu'applaudir tout en soulignant que le chef de fil des
socialistes "bretons" découvre ce que les militants bretons n'ont cessé
de proclamer depuis de décennies. Une première interrogation tout de
même: comment se fait-il que lorsqu'il avait le pouvoir à Paris le parti
de Jean Yves Le Drian n'a jamais pu (voulu?) mettre en œuvre cette
généreuse et clairvoyante politique?
La réponse nous est donné par Jean Yves Le Drian en personne puisque
quelques lignes plus loin il récuse toute forme d'émancipation politique
pour la Bretagne: "point d'indépendance et même d'autonomisme".
Mais Jean Yves Le Drian n'est pas à une contradiction près puisque plus
loin dans son exposé il appelle à la rescourse le "fighting spirit" de
l'Irlande pour insuffler aux Bretons un "Breizh Spirit" au service de la
France et de l'Europe! Posons lui la simple question: si l'Irlande était
restée sous la domination de Londres, aurait-elle pu atteindre son
niveau de développement économique actuel? Quant à ce "fighting spirit"
ne vise-t-il pas tant à servir la grandeur de la Grande Bretagne mais
bien en premier lieu les Irlandais...
Autre interrogation: de quel "fighting spirit" Jean Yves Le Drian et ses
"ministres" ont-ils fait preuve lors de la crise de la pêche et lors de
l'imposition de la nouvelle carte judiciaire? La réponse est limpide:
aucun puisqu'ils ont pour seule ambition de se contenter du _statu-quo
actuel_, statut nullement remis en cause par un Parti Socialiste plus
enclin à régler des comptes internes qu'à sortir du dogme centralisateur.
Aussi à moins d'être un benet sur le plan politique, on a de la peine à
saisir comment la péninsule bretonne peut espérer atteindre ces
objectifs en gardant un statut politique de seconde zone avec des
ressources propres dérisoires, une amputation de 40% de son potentiel
économique et une mise sous tutelle jalouse par un superpréfet fidèle
exécutant les décisions d'un état central hostile à tout nouveau
transfert de pouvoir. Pour le moment on assiste surtout à un transfert
de charges. Le tout récent discours de MAM - ministre de l'intérieur - à
Strasbourg a été sans détour sur la question: tout accroissement du
pouvoir régional est exclu car ce serait ouvrir la ****te au Fédéralisme.
Voila l'ennemi.
Aussi pour remettre les choses au clair nous dirons à Jean Yves Le Drian
et à ses collègues socialistes qu'il leur faut cesser de cultiver
l'ambigüité. La Bretagne n'est pas une région mais un pays avec un
peuple, le peuple breton qui constitue une nation, une nation sans état.
Cette nation est englobée dans un état, l'État français qui impose sa
culture majoritaire aux cultures minoritaires. Comme le rappelait
récemment un journal israëlien, la France ne reconnait en son sein
aucune minorité national et aucune autre langue officielle que le
français. Aussi s'il fallait à Israel choisir comme modèle d'état celui
de la France [autoqualifié d'exceptionnel], Israel devrait en toute
logique imposer à tous ces citoyens une langue unique, l'Hébreu et
imposer une homogéneisation culturelle à tous ses habitants, minorité
arabe comprise. Voilà un aspect du problème que les envolés lyriques de
notre président se sont bien gardées dévoquer.
http://www.alliance-federaliste-bretonne.org


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